The Cornucopia : Forum RPG Hunger Games

Un forum RPG sur les Arènes de Hunger Games...
 
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 Le Couronnement [1ère édition]

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Lyam Wigherman

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MessageSujet: Le Couronnement [1ère édition]    Lun 4 Mar - 21:35



« Nous sommes à l’antenne dans 5 minutes, les mecs, 5 minutes ! »

Lyam Wigherman reposa précipitamment sa tasse de café froid sur son bureau, éclaboussant au passage quelques papiers qui n’avaient pas encore été rangés. Si son assistante n’avait pas autant traîné pour lui apporter, il aurait eu largement le temps de l’avaler. Apparemment, cette incapable s’était retrouvée bloquée dans l’ascenseur. Nan mais, vous y croyez à celle-là ? Okay, cette vieille excuse, c’était valable il y a plusieurs siècles mais là, ici, au Capitole, elle devenait tout bonnement ridicule, vous en conviendrez. Après l’avoir chassé d’un revers de main – tout en lui rappelant quelle honte elle était pour toutes les assistantes du coin – Lyam s’était affalé dans son fauteuil et avait porté le délicieux nectar à sa bouche. Evidemment, il n’était plus chaud du tout. Et c’était à ce moment-là qu’un technicien avait fait irruption dans la pièce afin de le prévenir qu’il était temps de se diriger vers le plateau de télé. Le présentateur soupira bruyamment avant de se lever d’un pas nonchalant. Combien de temps encore devrait-il faire l’hypocrite devant une bande de crétins, tout ça pour conserver un salaire de misère et, accessoirement, la grâce du Président ? C’était sans doute cette dernière prérogative qui l’avait convaincu d’assurer la prestation des Hunger Games. Autrement, il aurait refusé en bonne et due forme. Après avoir revêtit son plus beau sourire (changeable au fil des situations dans lequel il se trouvait), Lyam sortit de sa loge. Avec un beau sourire, on peut dire à n’importe qui qu’il est complétement idiot, il ne s’en rendra même pas compte.

« Direct dans 2 minutes, 2 minutes ! »

Oui, bon ça va. Lyam Wigherman franchit les derniers mètres qui le séparaient du plateau en un rien de temps. Dès qu’il fut sur scène, il s’assit dans son fauteuil doré, une lueur de satisfaction flottant dans son regard. Et dire que ce décorateur de pacotille avait fait venir un fauteuil argenté. Quel manque de goût. Si Lyam n’avait pas fait un scandale pour qu’on mette en avant sa personnalité hors-du-commun avec une couleur vive et éclatante, on aurait droit à un vieux gris moucheté de points sombres. Evidemment, le jeune homme avait eu gain de cause (et le décorateur avait été fichu à la porte sans avoir eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait). Les rideaux tirés, Lyam attendit patiemment que le direct soit lancé. Dans les gradins, la cohue des spectateurs s’atténuait progressivement. Que faisait-il là, en fait ? Lui-même l’ignorait. On lui avait seulement dit qu’il se devait d’interviewer le vainqueur de la première édition des jeux, un certain James Ferrari Lane, et qu’au final, le président viendrait le couronner en direct. Cette prestation était essentielle. Elle serait vue dans tout Panem, aussi bien par ces bourgeois du Capitole que par ces gueux des districts périphériques. En plus, à ce qu’on lui avait rapporté, c’était le tribut du District 12 qui venait de remporter les jeux. Nan mais n’importe quoi. Autant les encourager, ceux-là. Pourtant, Lyam devrait masquer son mépris. Il devrait masquer son agacement, son dégoût, son impatience… Oh, il n’était pas à son coup d’essai. Il était expert dans la dissimulation et l’hypocrisie. C’était grâce à ces deux traits de sa personnalité qu’il en était là aujourd’hui. Après tout, pourquoi dire la vérité quand le mensonge est beaucoup plus profitable ? Un petit « Oh vous êtes toute en beauté, Madame » ou un « Monsieur agit d’une manière des plus admirables » et le tour est joué. Bref. L’hymne de la chaîne retentit, brisant ces délicieux souvenirs dans l’esprit du présentateur.

« Mesdames et messieurs, votre maître de cérémonie, Lyam Wigherman !! »

Sous un tonnerre d’applaudissements, le jeune homme se leva et s’écria :

« Bonsoir, Capitole de mon cœur ! Vous êtes en formes, ce soir ? Quoi ? J’entends rien ! Vous êtes en forme ce soir ? Ah, ah excellent ! Aujourd’hui, nous sommes rassemblés pour couronner le gagnant de la 1ère édition des Hunger Games ! Il a vécu la faim, la mort, la peur aussi. Mais il est là, devant vous, prêt pour de nouveaux défis ! Je vous demande d’accueillir, avec les honneurs qui s’imposent, le garçon du district 12, James Ferrari Lane ! »

Les applaudissements redoublèrent, suivis de peu par des cris hystériques, et Lyam se tourna vers le vainqueur qui se dirigeait vers lui. Oula, même si les médecins du Capitole l’avaient un peu réparé, il était encore plutôt faible. Fin, ça doit pas changer beaucoup de sa vie d’avant. Il devait être du genre à manger dans les poubelles des gens plus riches que lui. Pauvre garçon. Evidemment, le présentateur l’accueillit avec un grand sourire, faisant ressortir la blancheur éclatante de ses dents parfaitement alignées (et refaites, de surcroît). Il salua le nouveau venu, l’invita à s’asseoir, puis se tourna de nouveau vers lui. Il n’avait pas l’air au meilleur de sa forme. Ah ah. Lyam était plutôt sceptique sur le fait d’interroger les vainqueurs. Après tout, n’auraient-ils pas envie de se rebeller contre le monde après avoir vécu un enfer dans l’arène ? On lui avait cependant assuré que cela n’arriverait pas. Le garçon avait subi une remise au point avant de monter sur le plateau. Au moindre dérapage, il savait que ses proches seraient menacés. Lui aussi devrait se montrer hypocrite, pour les beaux yeux du Capitole. Dur.

« Comme nous nous retrouvons, James ! Comment vas-tu ? Ta famille doit être très fière de toi, tu ne crois pas ? Le 1er gagnant des Hunger Games, quel honneur ! »
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James F.Lane

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MessageSujet: Re: Le Couronnement [1ère édition]    Lun 4 Mar - 22:53



« Allez James, enfile ça et après on passera au maquillage, on a vraiment du boulot de ce coté là. Dans 20 minutes tu dois être à l'antenne. » Me lança Kye, mon styliste.

Je prenais avec lassitude le costume que me tendais mon styliste. Tout le monde autour de moi se pressait et s'exécutait à la tache pour ne rien oublier, pour que tout soit parfait pour mon couronnement. S'en est presque stressant. Qu'est ce que je fous encore là ? Je m'en fous de ce couronnement, de passer devant tout Panem et fêter ma victoire. Je veux rentrer chez moi, retrouver ma famille et me faire oublier. Je n'ai rien d'un gagnant, ce n'est pas moi qui mérité cette victoire. Elle était pour Nat depuis le début, c'est ce qui était prévu.
Après avoir enfilé mon habillement, je me dirigeais devant le grand miroir. J'étais habillé d'un costume de haute couture, spécialement conçut pour moi, pour mon interview. Je faisais tellement bourge dedans que s'en est presque écœurant. En plus, ils n'ont pas choisi la couleur la plus sombre, oh non. Je me retrouve dans un costume rouge flash parfaitement ajusté à ma taille. J'ai plus l'air d'un clown que d'un gagnant. Je me reconnaissais à peine dans ce miroir. Est ce que c'est vraiment moi ? La première chose que l'on voit sur mon visage, ce sont mes cernes dues à plusieurs nuits d'insomnie et de cauchemars. L'incapacité de pouvoir dormir en paix dans le noir sans revoir ces enfants que j'ai tué pour sauver ma propre vie, sans revoir Nat tomber dans le vide sous mes yeux, impuissant. Je n'avais pas encore eu le temps de récupérer tout le poids que j'avais perdu durant ces trois jours, j'avais encore un peu les joues creuses, c'était vraiment pas très joli à voir. D'un autre coté, plus aucunes traces de mes blessures. C'est comme ci je n'en avais jamais eu en fait. Le Capitole a vraiment fait un bon travail de ce coté la.

« Passe au maquillage, vite ! On a plus beaucoup de temps ! »

Qu'est ce qu'ils peuvent être énervant. En soupirant, je me dirigeais devant un autre miroir et m'asseyais dans un fauteuil, laissant ces personnes faire leur travail. Elles tentaient tant bien que mal de cacher mes cernes, de rendre mon teint plus beau et de rendre ma mine moins triste, plus lumineuse. Moi qui vient du District Douze, je ne suis vraiment pas habituer à tout ça. En fait, je ne me suis jamais préoccupé de mon apparence, à quoi bon de toute façon ? Je grimaçais de temps en temps par leur manque de délicatesse. Est ce que je peux m'enfuir en courant ? Échapper à tout ça ? Continuer à être un lâche, c'est la seule chose où je suis doué de toute manière.

« Dans 5 minutes James doit être prêt. »

Mon styliste ainsi que ses assistants terminaient les derniers détails de ma coiffure et de ma tenue. Je sortais de la pièce d'un pas lent avant de repenser à ce que le Président m'a dit quelques heures plus tôt. Je me dois d'être souriant, aimable et heureux d'être là sinon ils n'hésiteront pas à exécuter ma famille. Je dois également montrer aucun signe de révolte. Tuer des gens, c'est la seule chose qu'ils savent faire de toute façon. Resaisis toi James, fais le pour ta famille, pour Nat et pour les autres. Je passais rapidement mes mains sur mon visage de façon à me resaisir. Avant dernière étape avant de retourner dans mon District et d'être enfin en paix.
J'attends du coté des coulisses. Dans deux minutes je passe à l'antenne devant tout Panem. J'ai peur de faire une gaffe, de ne pas être à la hauteur. Moi qui pensé être tranquille après ces foutus jeux, c'est loin d'être gagné. Je regardais Lyam Wigherman passer derrière le rideau, à attendre que l'interview commence. C'est incroyable comme cet homme est toujours souriant, un peu comme moi, avant. Avant je respirais la joie de vivre mais les jeux m'ont détruit. Est ce que j'ai le droit de le dire ça vous pensez ? Ça pourrait être plutôt amusant non ? Dire que les jeux ont fait de moi une victime et que je préférerais être mort qu'être ici et devoir subir l'absence de Nat, qui me manque beaucoup. Je suis sur que le Président apprécierait.

« Bonsoir, Capitole de mon cœur ! Vous êtes en formes, ce soir ? Quoi ? J’entends rien ! Vous êtes en forme ce soir ? Ah, ah excellent ! Aujourd’hui, nous sommes rassemblés pour couronner le gagnant de la 1ère édition des Hunger Games ! Il a vécu la faim, la mort, la peur aussi. Mais il est là, devant vous, prêt pour de nouveaux défis ! Je vous demande d’accueillir, avec les honneurs qui s’imposent, le garçon du district 12, James Ferrari Lane ! »

C'est à mon tour d'assurer. Allez James essaie de paraître heureux, soit souriant. Je soufflais un bon coup pour évacuer mon stress et j'entrais en scène plus souriant que jamais. M'amusant à faire signe au public et à la caméra sous les cris complètement hystériques des gens du Capitole. Continue comme ça James, tu es sur la bonne voie. Je me stoppais dans mon élan avant de saluer le public pour ensuite rejoindre le grand présentateur Lyam Wigherman, celui qui nous avait déjà fait les interviews avant les jeux. Il me salua et m'invita à m'asseoir à ses cotés, prêt à commencer cette interview et être obligé de répondre à un tas de question. En dessous de mon costume, je suis en sueur, j'espère que ça ne se voit pas. Je garde mon sourire et je passe rapidement la main dans mes cheveux.

« Comme nous nous retrouvons, James ! Comment vas-tu ? Ta famille doit être très fière de toi, tu ne crois pas ? Le 1er gagnant des Hunger Games, quel honneur ! »

Ahaha ! C'est clair que je n'ai pas cru une seule seconde qu'on se reverrait lui et moi. En même temps personne n'a misé sur moi, qui pensait que ça serait le tribut venant du District le plus pauvre de Panem qui ressortirait vainqueur de ces jeux ? Personne. Même ma famille n'a pas cru en moi, j'en suis certain. Est ce le moment de préciser que je préférerais mourir plutôt que je me retrouvais ici, avec lui ?

« Quel accueil ! Oui, c'est plutôt étonnant vous ne trouvez pas ? Et bien écoutez, je ne peux pas être plus heureux que je le suis en ce moment. Je savoure pleinement ma victoire ! » Dis-je avec un grand sourire. « Ma famille doit vraiment être fière de moi en effet, c'est un peu pour elle que je suis là aujourd'hui. Ma victoire est également la leur. Puis j'espère que les futurs tributs me considéreront comme un modèle pour les éditions à venir, du moins les futurs tributs de mon District. »

L'hypocrisie, je déteste ça.
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Lyam Wigherman

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MessageSujet: Re: Le Couronnement [1ère édition]    Mer 6 Mar - 19:19

Lyam hochait la tête d’un air machinal et automatique. Que n’aurait-il pas donné pour être ailleurs ? Pour être chez lui, bien au chaud devant son écran plasma, à se moquer de cette cérémonie ridicule ? Il fallait sans cesse qu’il se remémore pourquoi il était là. Pourquoi il présidait cette émission. Et, pour être tout à fait franc, sa motivation n’avait de cesse d’osciller. Heureusement qu’il s’agissait de la fin, il n’aurait sans doute pas été capable d’assurer des jours supplémentaires. Et puis, il n’était pas vraiment certain de vouloir retenter l’expérience. Tout dépendrait des propositions – et des conditions – qui lui seraient faites. En attendant, il se retrouvait là, devant un garçon tout à fait charmant (merci les stylistes de l’avoir rendu présentable), mais passablement ennuyant. Au moins, il avait le mérite d’être tout à fait prédictible. Le pauvre, il risquait à chaque mot de condamner sa famille. Après avoir combattu vaillamment dans l’arène, il devait encore faire attention aux endroits où il mettait les pieds. Et Dieu sait que l’après est encore pire que l’avant. Le présentateur écouta avec une attention feinte la tirade de son interlocuteur. Un modèle ? Rien que ça ? Le Capitole adorait. Un vainqueur qui était fier de sa victoire. Voilà tout ce que les gens d’ici attendaient. Et puis, que ce soit vrai ou non, tout le monde s’en fichait. Le principal était d’avoir un symbole d’espoir, comme pouvait le dire l’un des organisateurs, un espoir qui inciterait les districts à obéir et à cesser toute rébellion. Que l’adolescent soit détruit à l’intérieur n’était pas vraiment une priorité à prendre en compte.

« Et tu as bien raison de profiter de cette victoire, lança Lyam en élevant la voix sur la fin pour susciter quelques applaudissements. Nous t’avons suivi dans l’arène, ça n’a pas toujours été évident, n’est-ce-pas ? Je me souviens bien de ces sables mouvants. J’ai vraiment eu peur pour toi, ce jour-là. Pas vous ? Ajouta-t-il en s’adressant à son public qui approuva vigoureusement. Oui, c’est bien ce que je me disais. Nous avons tous craint que ce ne soit la fin. Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ? »

Ah, les sables mouvants. Quelle belle invention. Les voir se tortiller frénétiquement dans ce décor naturel, pour au final, finir submergé par les sables. Quel délice. Lyam était presque certain que ce piège avait été posé exclusivement pour le jeune homme ici présent, sans doute afin de tester ses réflexes et son courage. Evidemment, la plupart des gens du Capitole pensaient simplement qu’il s’agissait d’un malheureux hasard, qu’il n’avait pas été au bon endroit au bon moment. Bien sûr. Ils ignoraient que tout était pratiquement orchestré. Lyam serait encore dans l’ignorance si l’un de ses amis, actuellement organisateur des jeux, ne lui avait pas révélé le subterfuge. La tempête de sable, les morts, les survivants. Sauf peut-être le combat final. Là, c’était du grand art, dont l’issue restait subtilement imprévisible. Vraiment ? Le présentateur laissa son invité répondre, tout en faisant mine de s’y intéresser grandement. Puis, il poursuivit sur de nouvelles questions :

« Oui, j’imagine… Tu es également celui qui a ôté le plus de vie, je crois, non ? Lyam se pencha vers James, tel un médecin annonçant à un malade qu’il était sur le point de succomber. Il y a eu Jack, bien sûr, mais aussi Nathan, Charlie. Moment de silence. La salle était suspendue à ses lèvres. Qu’as-tu ressentis à ce moment-là ? Te croyais-tu perdu ? Peux-tu nous dire, car je suis sûr que nos téléspectateurs ont hâte d’entendre leur héros parler, comment tu l’as vécu ? »

Sujet sensible. Mais ô combien intéressant. Le Capitole n’était pas présent aux côtés du garçon. Il ne peut donc pas savoir ce que ça fait. Or, le travail d’un journaliste – ici, d’un présentateur, en l’occurrence – est d’informer son public. Pouvait-on lui reprocher d’aborder ce genre de sujet ? Et puis, cela rajoutera un petit côté épique à la chose, ce qui mettra d’autant plus en valeur le vainqueur. Enfin, ça, ça serait la raison officielle. Lyam se fichait bien d’informer son public. Tout ce qui l’intéressait était de tester les limites du jeune adolescent.
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James F.Lane

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MessageSujet: Re: Le Couronnement [1ère édition]    Mer 6 Mar - 21:35

J'étais assez satisfait de ma réponse même si chaque mots que j'ai pu prononcer étaient loin d'être sincère. C'était limite si je ne pensais pas tout l'inverse de ce que j'ai pu dire en fait. Des gens me détesteront après ce que j'ai pu dire, me voir aussi heureux alors que j'ai tué leur enfant. Ils doivent me maudire, ils devaient s'attendre à ce que je fonde en larmes dans mon fauteuil mais c'est tout l'inverse. Quant à Lyam, il se contentait de hocher la tête pour me montrer qu'il m'écoutait, mais m'écoute t-il vraiment ou fait-il juste semblant ? Je m’enfonçais un peu plus dans mon fauteuil, épuisé par tout ça alors que ce n'est que le début. Mes mains sont moites tellement je suis nerveux, de peur de faire la moindre bêtises qui pourrait coûter la vie à mes proches. J'espère que ça ne se voit pas. Nathan se serait bien mieux débrouillé que moi dans ce genre d'interview, ça devait être son truc de parler avec beaucoup d'aisance face à un tel public. Ou même Nat, elle les aurait presque attendrit avec sa bouille de petite fille. Et San, avec sa détermination, il aurait cloué le bec à tout le monde. Ils méritaient tous d'être à ma place en ce moment, tous sans exception.

« Et tu as bien raison de profiter de cette victoire. Nous t’avons suivi dans l’arène, ça n’a pas toujours été évident, n’est-ce-pas ? Je me souviens bien de ces sables mouvants. J’ai vraiment eu peur pour toi, ce jour-là. Pas vous ? Ajouta-t-il en s’adressant à son public qui approuva vigoureusement. Oui, c’est bien ce que je me disais. Nous avons tous craint que ce ne soit la fin. Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ? »

Le public était vraiment réactif, concentré sur tout ce que l'on pouvait dire. Ça faisait presque peur. Il s'est passé tellement de choses dans cette arène. J'ai l'impression que ces trois jours étaient une éternité. J'avais presque envie de dire que le sable mouvant n'était pas grand chose à coté de ce que j'ai vécu par la suite. Il est vrai que j'avais eu tellement peur de mourir étouffer par le sable. Non, en fait j'ai eu peur de mourir tout court. Et dire que tout le monde à assisté à ce passage là, ridicule. Je devais faire de la peine à ce moment là, vraiment. Mais ça prouvait que je n'étais vraiment pas chanceux puisqu'il a fallu que ce piège tombe sur moi. Je me repassais la scène dans la tête, en restant calme j'avais réussi à m'en sortir de justesse. Et c'est juste après que j'ai rencontré ma petite sœur. Elle était à la recherche de Mikhael qui était mort quelques heures plus tôt, sous mes yeux, par Jack qui lui avait coupé la jambe d'un coup d'épée et que j'avais été obligé de tué par la suite si je ne voulais pas subir le même sort.

«  Comment oublier ces sables mouvants... » Lâchais-je, pensif. « Oh et bien vous n'êtes pas les seuls à avoir eu peur parce que, pour moi, j'ai vraiment cru que c'était la fin sur le moment ! Mais vous savez, dans les pires moment comme celui là, on a encore plus envie de se battre. On se dit que c'est pas le moment de baisser les bras et c'est ce que j'ai fais, j'y aurais cru jusqu'au bout que je pouvais gagner. Rien ne pouvait réellement me freiner, c'est comme ci j'y avais été préparé. J'allais pas me laisser abattre par du sable quand même ! » Terminais-je en rigolant.

J'allais pas me laisser abattre par du sable. C'est quoi ça ? Je pouvais pas trouver mieux ? J'ai honte. Heureusement le public a rit avec moi, imaginez la galère si je m'étais retrouvé à rigoler tout seul de ma propre connerie, ça aurait été vraiment embarrassant. Je passais encore une fois ma main dans mes cheveux en priant pour que le présentateur enchaîne de suite avec une autre question. Dans ces moments là, tu ne penses qu'à une chose : disparaître. Ou alors faire un retour en arrière et enlever cette phrase carrément débile.

« Oui, j’imagine… Tu es également celui qui a ôté le plus de vie, je crois, non ? Il y a eu Jack, bien sûr, mais aussi Nathan, Charlie. Moment de silence. La salle était suspendue à ses lèvres. Qu’as-tu ressentis à ce moment-là ? Te croyais-tu perdu ? Peux-tu nous dire, car je suis sûr que nos téléspectateurs ont hâte d’entendre leur héros parler, comment tu l’as vécu ? »


Bim, Bam, Boum. En plein dans le mile. Il pouvait pas viser plus juste pour m'enfoncer encore plus. Ça façon de s'être approché de moi pour me poser cette question n'avait fait qu'empirer la situation, c'est comme ci je parlais à un psychologue. J'ai le droit d'enfoncer sa tête contre le mur la bas ? Ce n'est pas raisonnable, je devrais peut être pas le faire et me contenter de continuer à sourire comme un idiot. Celui qui a ôté le plus de vie, à croire qu'en réalité je suis né pour tuer. J'ai envie de pleurer . Je suis un meurtrier. J'ai ôté la vie de trois enfants. Je pensais que ça serait plus facile que ça mais en fait c'est tellement dur à supporter. Je fermais les yeux quelques secondes mais ces courtes secondes me suffisaient pour revoir leur visage, leur regard qui avait perdu espoir car ils savaient que s'en était fini pour eux. Cette détresse qu'on pouvait lire dans leurs yeux. Ces images continuent de me hanter dans mes rêves, comme ci je devais continuer de subir les meurtres que j'ai commis. Comme pour me punir.

« Vous savez, je me devais de les tuer si je voulais rester en vie, je n'avais pas d'autre choix et puis c'était également un peu le but de ce jeu. On y était tous un peu préparer. J'étais un peu perdu au moment où j'ai tué Jack avec ma lance. C'était ma première victime mais je me suis vite repris, il était mort, il fallait passer à autre chose. » Je m'arrêtais quelques secondes, hésitant. Une boule se forma dans ma gorge et je m’éclaircissais la voix avant de reprendre. « Je pensais que tuer était plus difficile que ça. Pour Nathan, il était une réelle menace pour moi et pour Nat, on pouvait pas le laisser en vie sous le risque de se faire tuer. De même pour Charlie, j'étais si proche de la victoire, je ne pouvais pas perdre maintenant, c'était impensable. L'adrénaline était là pour m'aider et penser à ma famille m'a aidé beaucoup aussi. » Terminais-je par un sourire.

On pourrait presque croire que je suis un monstre en repensant à tout ce que je venais de dire. Est ce que je peux leur crier que tout ça ne me ressemble pas?
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Lyam Wigherman

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MessageSujet: Re: Le Couronnement [1ère édition]    Sam 9 Mar - 19:20

Le jeune vainqueur s’en sortait plutôt bien. Pourtant, Lyam sentait qu’il restait très affecté par les morts qu’il avait provoqués. Le sourire à la fin de sa réponse ne trompait personne, excepté bien sûr tous ces andouilles du Capitole qui buvaient ses paroles comme du petit lait. Oui, en fait, ça faisait pas mal de monde. Les gens sont bêtes. Ils l’ont toujours été. Mais là, c’était tout de même quelque chose de formidable. Quelle niaiserie. Cependant, le présentateur devait avouer que le garçon qu’il avait en face de lui possédait le charisme qu’il convenait d’avoir dans ce genre de situation. Il savait exactement comment réagir par rapport à son public. Il l’avait démontré en faisant rire aux éclats quelques neuneus disséminés ici et là dans les gradins. Même si sa nervosité était perceptible, il parvenait à envoûter les foules. Etait-il si convaincant que cela ? Lyam en serait presque jaloux, s’il ne se considérait pas comme étant beaucoup plus doué que la plupart des journalistes du Capitole. Quoi que, peut-on réellement le qualifier de journaliste ? Ne peut-on pas dire, plutôt, qu’il est une marionnette au service des Hunger Games ? Sans doute. Mais, tant qu’il obtenait ce qu’il voulait, les désignations lui importaient peu. Présentateur, point. Et le meilleur, de surcroit. Bref, il regardait James s’attirer les sympathies du public, le sourire au coin des lèvres. Ses paroles pouvaient presque paraître anodines, mais le léger tremblement que Lyam percevait dans sa voix indiquait que l’émotion était sur le point d’exploser au grand jour. Parfait. Des larmes, ça fait monter l’audimat et ça suscite la compassion et la pitié. S’il pouvait le forcer à laisser paraître sa peine…

« Oui, nous nous souvenons bien du combat final, s’exclama le présentateur d’un ton condescendant. Que d’action ! Nous étions tous devant nos écrans, les yeux fixés sur vous deux et l’on se demandait tous qui l’emporterait sur l’autre. Enfin, c’est ce que vous avez ressenti aussi, non ? demanda-t-il aux spectateurs qui s’unirent dans un seul oui. Oui, nous étions tous dans cet état. Et puis ensuite, cette pauvre fille, comment s’appelait-elle, déjà ? Ah oui, Nat. Nat Curtis. Quand elle s’est jetée dans le vide, te déclarant grand gagnant de la 1ère édition… Comment as-tu vécu ce moment ? Etais-tu content de ne pas avoir à la tuer ? Ou bien déchiré à l’idée qu’elle te laisse la victoire ? A moins que tu aurais préféré terminer avec un dernier mort ? Dis-nous tout. Et parle nous un peu d'elle. C'était une enfant atypique, non ? »

Lyam écouta distraitement les paroles du survivant, tout en hochant la tête d’un air entendu. Un organisateur venait de l’informer, dans l’oreillette, qu’il faudrait boucler l’interview au plus vite. Le président venait d’arriver dans les studios pour le couronnement et il était loin d’être particulièrement patient. Le président. Quel homme tout à fait… remarquable. Fin, c’était de cette manière que Lyam lui parlait lorsqu’il se trouvait en sa présence. Sinon, il le considérait plutôt comme un homme fade et sans intérêt. Un homme qui avait sous sa coupe tout Panem. Un homme qu’on ne pouvait négliger, même si on le désirait ardemment. Ce genre d’homme que Lyam admirait, tout en le détestant au plus profond de son être. Et il était là, dans les locaux. Le présentateur jeta un coup d’œil à sa montre. Oui, il était un peu en avance. Mais la raison du plus fort est toujours la meilleure, et s’il était venu trois heures en retard, on aurait pu dire, dans un concert de compliments, qu’il était pile à l’heure. C’était un peu dommage car il y avait encore tellement de questions à poser. Des questions tordues, certes, mais des questions malgré tout. Genre sur la survie en elle-même, les combats, le désert etc. Peut-être plus tard ? A moins que le président ait un contretemps qui obligerait le jeune homme à poursuivre sur de nouvelles interrogations ?
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MessageSujet: Re: Le Couronnement [1ère édition]    Mar 12 Mar - 15:09

Cette interview semblait interminable. Ils attendent quoi au juste pour la terminer ? Que je craque enfin et que je me mette à pleurer devant Panem tout entier ? J'avais la gorge et les lèvres sèches par la nervosité. On ne peut pas me ramener un peu d'eau ? Ça serait déplacer d'en demander, je crois. Encore après, j'ai la rencontre avec le Président pour mon couronnement. C'est quand même un honneur mais quand on voit la cruauté dont il est capable... Tuer des jeunes adolescents, c'est pas humain. Est ce qu'il est humain au moins ? Si ça se trouve c'est un robot qu'on a mit dans un corps d'homme. Je n'ai encore jamais eu l'occasion de le rencontrer mais je suis loin d'être impatient de l'avoir en face de moi, si je pouvais, je lui cracherais à la figure. Je suis bien parti pour jouer l’hypocrite pour le restant de ma vie, autant continuer dans cette voie et ne pas risquer le vie de mes proches en jouant à l'imbécile. De toute manière, le présentateur, Lyam, a sûrement bientôt fini et va clôturer cette interview. On a fait le tour des questions, on a parlé de mon ressenti après cette victoire, de la fierté de ma famille, des sables mouvants et des meurtres que j'ai commis. Ah, il va sûrement me demander ce que je compte faire après ? Enfin, je sais pas mais faites ce tout cela se termine bientôt et que je puisse rentrer chez moi pour de bon. J'insupporte les gens du Capitole, ils sont trop superficiel à mon goût et leurs costumes sont tellement colorés que ça vous pique les yeux. J'ai hâte de retrouver mon Distict. Il a beau être pauvre, d'un coté on se sent plus en sécurité qu'ici. J'ai une certaine admiration pour Lyam Wigherman, je ne sais pas comment il fait pour toujours garder la tête haute comme ça puis il est remplit d'assurance. Si seulement je pouvais être comme lui, ça serait tellement plus simple.

« Oui, nous nous souvenons bien du combat final. Que d’action ! Nous étions tous devant nos écrans, les yeux fixés sur vous deux et l’on se demandait tous qui l’emporterait sur l’autre. Enfin, c’est ce que vous avez ressenti aussi, non ? Oui, nous étions tous dans cet état. Et puis ensuite, cette pauvre fille, comment s’appelait-elle, déjà ? Ah oui, Nat. Nat Curtis. Quand elle s’est jetée dans le vide, te déclarant grand gagnant de la 1ère édition… Comment as-tu vécu ce moment ? Etais-tu content de ne pas avoir à la tuer ? Ou bien déchiré à l’idée qu’elle te laisse la victoire ? A moins que tu aurais préféré terminer avec un dernier mort ? Dis-nous tout. Et parle nous un peu d'elle. C'était une enfant atypique, non ? »

Charlie aurait pu gagner, je comprends pourquoi Nathan tenait à la retrouver pour la tuer. Elle était sûrement une menace pour lui. Aujourd'hui encore, je me demande comment j'ai fais pour en finir face à elle car elle était si forte et intelligente contrairement à moi avec mon petit gabarit. Mais comme je dis toujours, cette victoire est destinée à Nat pas à moi, ni Charlie, ni Olympe, ni personne d'autre qu'elle. C'était la plus jeune d'entre nous, une famille aimante qui attendait son retour dans le District sept et elle avait encore beaucoup de choses à vivre. Elle était la plus courageuse d'entre nous, elle s'en serait vite remit, j'en suis certain. Évidemment, on avait pas encore parlait de la petite Nat, j'espérais justement qu'il oublie de lancer ce sujet. Je l'espérais très fort. Quand il avait prononcé son nom, mon cœur eut un raté et je sentais les larmes qui allaient monter. Je me mordais la lèvre inférieure, je ne fois pas craquer car c'est ce qu'ils attendent tous. Je n'aurais jamais pu la tuer, même si elle m'avait supplié je l'aurais pas fait. C'est comme ci un membre de votre famille vous demandez de mettre fin à ses jours à l'aide de vos propres mains. Je ne pensais pas qu'on pouvait s'accrocher aussi vite à une personne. On m'avait pourtant prévenu qu'il fallait prendre une certaine distance pour ne pas en souffrir après. Elle était si attachante. Je jouais nerveusement avec avec mes doigts. Je peux toujours faire genre d'ignorer et de n'avoir rien entendu. Dire « excusez moi, je n'ai pas compris le sens de votre question, passons à autre chose. » ou bien «  James Ferrari Lane est temporairement indisponible, il ne pourra pas répondre à votre question. » Si seulement...

« J'ai bien cru que ce combat ne se terminerait jamais pour tout vous dire ! Charlie était une fille vraiment forte et intelligente, elle trouvait toujours le moyen de m'attaquer en retour. Elle cherchait à m'affaiblir mais au final j'ai eu une monté d'adrénaline et j'ai réussi à prendre le dessus sur elle et à la tuer. Ce fut un énorme soulagement à ce moment là. » Dis-je en rigolant nerveusement. J'essayais de reprendre avec une voix remplit d'assurance. «  Po... Pour Nat... » Je me passais rapidement les mains sur mon visage. «  Pour Nat, c'est vrai que pour son âge, elle était vraiment courageuse, elle l'était plus que n'importe qui dans cette arène. Quand j'ai vu qu'il ne restait plus que nous deux, je me demandais ce qui allait se passer et... Enfin, tout le monde connaît la fin, on ne va pas s'attardait dessus. Elle s'est jetée dans le vide pour moi. » Mes nerfs étaient en train de lâcher. J'avais les larmes aux yeux, prêt à craquer. « Je n'aurais jamais pu me battre contre elle puisque je la considère comme ma petite sœur, je me devais de la protéger et en retour je l'ai regardais mourir... » Les larmes roulaient le long de mes joues, je les essuyais rapidement d'un revers de la main en espérant que personne n'est rien vu. Je soufflais un bon coup avant de terminer. « Mais cette victoire est aussi la sienne, même si elle n'est plus là. »

Je regardais le présentateur avec un léger sourire, n'oublions pas que je suis censé être heureux d'être ici.
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MessageSujet: Re: Le Couronnement [1ère édition]    Mer 20 Mar - 17:11

Des larmes. Enfin, sous sa carapace de dur à cuire, il laissait paraître ses émotions. Lyam décocha un sourire victorieux, qui passait plus, aux yeux du public ému par tant de révélations, pour un sourire de compassion. Il savait qu’il avait détruit à jamais le jeune garçon qui lui faisait face. En remuant le couteau dans la plaie, volontairement, bien sûr, il venait d’appuyer là où ça faisait le plus mal. Et cette blessure, Lyam le savait, ne se refermerait jamais. James Ferrari Lane, le grand gagnant de la première édition, même s’il récoltait désormais la gloire de son aventure, devrait vivre avec ce souvenir jusqu’à la fin de ses jours. Un souvenir qui le détruirait à petit feu. Jouissif. Quoi qu’il en soit, le public semblait apprécier ces confidences. Plusieurs invités du premier rang versaient, eux aussi, quelques larmes, tandis que d’autres se mouchaient bruyamment, signe qu’ils avaient également eu un moment de faiblesse. Moment fort en émotion, dans toute la salle d’ailleurs. Lyam posa sa main sur le genou du jeune vainqueur, le fixant d’un air sincèrement désolé. Même s’il exultait au fond de lui, il fallait sauver les apparences car le Capitole, aussi pathétique soit-il, n’apprécierait certainement pas les présentateurs cyniques. Et, même s’il n’appréciait pas forcément son boulot, c’était malgré tout une position assez confortable. Et puis, ça lui permettait de torturer, en toute impunité, d’innocentes victimes. Et ça, c’est sans doute le plus important.

« En tout cas, je suis sûr qu’elle est fière de toi », murmura le présentateur d’un air compatissant, tout en tapotant d’un air machinal le genou de l’adolescent. « Mesdames et messieurs, je vous demande un tonnerre d’applaudissements pour notre première vainqueur ! Ah, j’oubliais, il me reste une toute petite question, et après, promis, je te laisse profiter du couronnement. Vous voulez l’entendre ? » Le public approuva d’un air vif et intéressé, ce qui ne manqua pas de faire rire aux éclats notre charmant présentateur. « Bien, bien. Je voulais savoir, James, si tu avais un conseil à donner aux courageux jeunes gens des prochaines éditions, lequel serait-ce ? »

Une fois sa réponse donnée, l’hymne de Panem retentit, déchaînant ainsi les foules qui n’attendaient que ce moment depuis le début de l’émission. L’heure du couronnement. Des techniciens vinrent retirer le fauteuil du présentateur, qui se plaça sur le côté pour ne pas obstruer la scène. James Ferrari Lane, sans comprendre ce qui allait se passer, fut invité à rester assis. Puis, des milliers d’applaudissements résonnèrent, suivis de près par des hurlements hystériques. « Le président de Panem vous fait l’honneur d’apparaître sur le plateau, accueillez le comme il se doit » s’écria Lyam en élevant la voix d’un air ravi. L’homme le plus puissant du pays s’avança d’un pas lent, puis salua d’un air solennel les milliers de personnes qui scandaient son nom. Son visage était retranscrit sur les immenses écrans du plateau. Il s’approcha du micro et le silence se fit aussitôt : « Bonsoir Panem », commença-t-il avant d’être interrompu par des cris d’admiration. « Bienvenue, bienvenue ! Je tenais à féliciter en personne le jeune homme ici présent, qui a su faire preuve de courage et de loyauté envers la patrie qui l’a nourri. Nous saluons également le sens de sacrifice qu’ont eu les onze autres tributs. Panem vous remercie. Enfin, nous vous invitons tous pour la prochaine édition des Hunger Games, qui promet d’être encore plus sensationnelle. Rendez-vous l’an prochain, mes chers amis ». Il fut salué par de nouveaux applaudissements. Une fois son discours terminé, le président s’avança vers James, qui se leva aussitôt. On lui amena la couronne d’or, qu’il posa délicatement sur la tête du vainqueur. Nul n’entendit ce que le président murmura au jeune homme, même pas Lyam, qui aurait bien aimé savoir de quoi il en retournait.

« James Ferrari Lane ! »
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MessageSujet: Re: Le Couronnement [1ère édition]    Sam 23 Mar - 14:14

Jusqu'ici, je ne pensais pas que les jeux pourraient détruire un être humain. Je pensais qu'une fois gagnant, la vie reprenait son cours, comme avant. Comme ci rien ne s'était passé, comme ci je n'avais jamais vécu ce cauchemar. Qu'est ce que je peux être naïf. Je me sens coupable d'être encore en vie. Tous les autres sont morts et moi je suis encore là. Je me sens de trop. Avoir tous ces morts sur la conscience m'empêche de dormir correctement. Je revois leur visage, à tous constamment. Les jeux m'ont détruit. Les Hunger Games ont ouvert une plaie qui ne se refermera jamais.
Le présentateur, Lyam Wigherman, avait réussi à trouver mon nouveau point faible en me parlant de Nat Curtis, ma petit sœur qui s'est suicidée pour moi, pour que je puisse continuer à vivre presque comme avant mon entrée dans l'arène.
Je jetais un coup d’œil vers le public pour voir leur réaction suite à cette révélation, ils avaient la larme l’œil, d'autres pleurés carrément. Ils pleurent sans comprendre ce que je ressens réellement. Ils sont hypocrites en plus d'être de bons comédiens. Lyam se rapprocha de moi en posant sa main sur mes genoux, signe de compassion.

« En tout cas, je suis sûr qu’elle est fière de toi »,

« Je l'espère..» Murmurais à moi même. J'espère qu'elle veille sur moi de là haut et qu'elle ne m'en veut pas trop d'avoir volé sa victoire. C'est elle qui devrait être ici en ce moment, pas moi.

« Mesdames et messieurs, je vous demande un tonnerre d’applaudissements pour notre première vainqueur ! Ah, j’oubliais, il me reste une toute petite question, et après, promis, je te laisse profiter du couronnement. Vous voulez l’entendre ? Bien, bien. Je voulais savoir, James, si tu avais un conseil à donner aux courageux jeunes gens des prochaines éditions, lequel serait-ce ? »

Le public était à fond ce qui me déchira un sourire, cette fois ci volontaire. L'interview est bientôt terminée et je commençais à me détendre en réfléchissant rapidement à ce que je pourrais répondre à la dernière question. Je ne suis vraiment pas doué pour donner des conseils. Et en plus j'ai peur de dire une bêtise. Un peu plus tôt dans cette interview, j'avais dit que j'espérais devenir un modèle pour les futurs tributs, au fond j'espère vraiment qu'ils ne m'écouteront pas. En réalité, je ne suis qu'un lâche, un trouillard qui a survécu seulement grâce à Nat. Sans elle, Charlie voir même Nathan l'aurait tué. Sans elle, la tempête de sable l'aurait emporté. Dans un an, je devrais jouer le rôle de mentor pour le futur tribut du douze. Je vais le mener tout droit vers la mort, j'en suis sur. Je regardais le public qui attendait ma réponse avec impatience.

«  Si je devais donner un conseil pour les tributs des prochaines éditions , je leur dirais tout simplement de rester en vie. » Dis-je en laissant une part de mystère dans mes paroles.

L'hymne de Panem retentit dans toute la salle. Fini les questions, enfin. L'heure de mon couronnement est arrivé. Faisons le rapidement que je puisse ensuite commencer la tournée de la victoire et rentrer chez moi pour de bon. Retrouver a famille et les serrer dans mes bras. Bon sinon, qu'est ce que je fais maintenant ? J'attends sans bouger ? Tout le monde s'exécute autour de moi sans savoir où je dois aller et ce que je dois faire. On retira le fauteuil du présentateur et on m'invita à rester assis. Très bien. D'un coup, le public se mit à hurler et à applaudir.

« Le président de Panem vous fait l’honneur d’apparaître sur le plateau, accueillez le comme il se doit »

Le président faisait son entrée dans la salle. Ce que j'éprouve pour cette homme ? Du dégoût. Il a beau être l'homme le plus puissant du pays, je le déteste. C'est à cause de lui si on en est là aujourd'hui. Tuer des enfants pour divertir le Capitole. Cet homme est cruel, sadique et en plus il n'a rien d'extraordinaire. Puis il est pas si beau que ça d'abord, je l'imaginais plus jeune aussi à en entendre les gens parler. Et en plus, on peut voir qu'il a un ventre bien rond, il ne doit pas mourir de faim lui. Un silence de mort s'installa dans la grande salle ce qui me stoppa dans ma reflexion.

« Bonsoir Panem! Bienvenue, bienvenue ! Je tenais à féliciter en personne le jeune homme ici présent, qui a su faire preuve de courage et de loyauté envers la patrie qui l’a nourri. Nous saluons également le sens de sacrifice qu’ont eu les onze autres tributs. Panem vous remercie. Enfin, nous vous invitons tous pour la prochaine édition des Hunger Games, qui promet d’être encore plus sensationnelle. Rendez-vous l’an prochain, mes chers amis »

Les gens du Capitole le regardait avec tellement d'admiration ce ça me donné des nausées, je serais capable de lui vomir sur ses jolies chaussures bien cirées. Suit à ses paroles, je grimaçais discrètement puis Il s'avança lentement vers moi, super j'attendais que ça. Je lui souriais de toutes mes dents mais le cœur n'y était pas du tout. Si je pouvais je lui cracherais dessus. Le voir de face et de prêt est encore plus terrifiant. Il est lifté de partout, c'est si laid. Une fois qu'il se trouvait à même pas un mètre de moi, je me levais aussitôt tout en soutenant son regard et en gardant mon sourire le plus hypocrite. Il déposa délicatement la couronne en or sur ma tête. Alors c'est bon ? Je suis officiellement déclaré grand vainqueur de la première édition des Hunger Games ? Il y a exactement quatre jours, je m'étais déclaré mort moi même. Jamais je n'aurais pensé remettre les pieds ici et pourtant... Le président s'approcha de mon oreille pour m'y chuchoter quelque chose. Ce qu'il venait de me dire me calma direct. Mon sang ne fit qu'un tour. C'est fou ce qu'il peut être menaçant comme mec. Il s'amuse jamais dans la vie à mon avis pour en vouloir autant à tout le monde au point de tuer des adolescents pour le plaisir. « Je garde un œil sur toi et ta famille mon garçon, ne te crois pas aussi facilement sortit d'affaire. » Ça voulait dire quoi au juste ? Que je devrais continué de jouer l'hypocrite jusqu'à la fin de ma vie ? Non, en fait j'en ai aucune idée. C'est une menace comme une autre, il veut juste me faire peur, c'est tout.

« James Ferrari Lane ! »

Je saluais une dernière fois le public en leur faisant mon plus beau sourire avant de m’éclipsais dans les coulisses, soulagé que ce soit fini.


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