The Cornucopia : Forum RPG Hunger Games

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 Deux âmes pour un coeur.

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Echo Dawnstar

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MessageSujet: Deux âmes pour un coeur.   Lun 22 Avr - 22:14

L’hovercraft décolle dans un bruit qui réveillerait même le plus sourd des grands-pères.
Je n’en reviens pas. Je n’en reviens vraiment pas… Alors nous y voilà tout compte fait. Le jour J, le jour où ma vie va se déchirer. Bientôt, commencera le bain de sang, première étape des jeux de la faims. Première étape, et la dernière pour moi. Je vais mourir. Je vais mourir, mais je partirai avec le sourire. Je suis née dans le pire des districts de Panem, j’ai vu la guerre avec des yeux d’enfants. Je pourrais donc dire que seule la tristesse a éclairé la moindre de mes journées. Certes, je pourrais le dire, mais ce ne serait pas vrai. J’ai une moitié, j’ai une rampe à laquelle me raccrocher, j’ai un second moi. Il a illuminé mes journées charbonneuses de son rire léger, il a su me consoler quand personne n’y arrivait, il m’a toujours protégé. Mon frère. Quel est son nom, me demandez-vous ? Et bien, son nom est aussi simple que compliqué. Il s’appelle Narcisse.
Nous sommes Narcisse et Echo. Ils ont marqués l’histoire grâce à la légende qui les fait vivre. Et j’ai bien peur, que pour la seconde fois, Narcisse et Echo vont rester encrés dans les mémoires. Un destin sinistre… Un destin bien sombre… Nous sommes les premiers frères et sœurs qui participons à la même édition des Hunger Games.
Les premiers et les derniers.

Nous sommes nés à deux comme la plupart naissent seuls. Dans une poignée de jours ou une poignée d’heures, nous serons séparés. Nous sommes nés à deux. Nous ne sommes qu’une âme en deux corps. Nous sommes les jumeaux maudits.
Nous sommes les jumeaux maudits et nous sommes nés à deux comme la plupart naissent seuls.
Notre destin… est d’être séparé.
L’Homme n’a qu’un cœur. Le nôtre est déjà souillé.
Le cœur d’un enfant est blanc, le cœur d’un enfant est pur. Le cœur de deux enfants liés par le sang contraints au combat est impur.
Blanche était leur âme. Noir sera leur cœur.


***

Il fait noir. Je n’ai presque pas d’air. J’étouffe.
Alors c’est cette sensation que ressent un tribut qui est sur le point de pénétrer dans une arène mortelle soigneusement piégée… Un profond sentiment de solitude et un ruissellement de sueur froide, rien de moins, rien de plus. Un couteau à la lame glacée qui nous transperce la peau. Un geyser de sang invisible qui jaillit de nos porcs répandant une odeur poisseuse autour de lui. Une peur cachée. Un cri muet. Des larmes séchées. Mais ce n’est pas grave, il suffit de se maîtriser. Respire tranquillement, ne te laisse pas déstabiliser. Dans un peu plus de 60 secondes tu auras cessé de penser, tu auras cessé d’exister. Avec un peu de chance, tu ne sentiras rien, tu ne souffriras pas. Tu souriras aux caméras, tes yeux se voilerons, et puis tu auras l’impression de tomber dans un puits sans fond.

Un soupir.

Dans le noir qui m’entoure, qui m’enlace, qui m’avale, l’ombre d’un visage vient danser en face de mes prunelles. Un visage jeune, radieux. Le visage de Narcisse. Je sens alors mon visage s’empourprer. Narcisse… Lui qui m’a accompagné dans ces jeux abominables, lui qui s’est porté volontaire… Il aurait pu vivre pour nous deux, il aurait pu prolonger sa vie, heureux. Mais non. Il a fallu qu’il m’accompagne. Je lui en veux encore. Je ne le lui pardonnerai jamais. Pourtant, malgré cette rancœur qui me ronge le cœur, je sais que je ferais tout pour qu’il revienne à la maison. Il s’est porté volontaire par ma faute. Il doit gagner. Il doit gagner, car il n’aurait pas dû être là.
Je vais mourir. Je vais mourir mais je vivrais dans son corps à lui.

Nous sommes nés à deux comme la plupart naissent seuls. Dans une poignée de jours ou une poignée d’heures, nous serons séparés. Nous sommes nés à deux. Nous ne sommes qu’une âme en deux corps. Nous sommes les jumeaux maudits.
Nous sommes les jumeaux maudits et nous sommes nés à deux comme la plupart naissent seuls.
Notre destin… est d’être séparé.
L’Homme n’a qu’un cœur. Le nôtre est déjà souillé.
Le cœur d’un enfant est blanc, le cœur d’un enfant est pur. Le cœur de deux enfants liés par le sang contraints au combat est impur.
Blanche était leur âme. Noir sera leur cœur.


***


Il fait chaud. Tout est couleur, tout est chaleur. C’est un paradis qui me contemple avec ironie.
La mer est en bas, je la vois. Tout est bleu, tout est vert. Le décompte commence à s'écouler. Tout en regardant devant moi, des larmes commence à couler. Cette édition est spéciale. On m'a attribué un partenaire, et ce n'est pas mon frère. Mon styliste me l'a annoncé ce matin, avant que je ne pénètre dans le tube transparent. Si l'un meurt, l'autre aussi. Deux âmes pour un coeur. Deux morts ou deux Vainqueurs. Lentement, je tourne la tête, consciente que Narcisse et moi ne serons pas ensemble. Ce serait trop beau pour être vrai.
A mes côtés, sur un autre socle, un garçon à la carrure imposante. Je ne sais pas qui s'est... Je n'ai pas cherché à me renseigner sur les autres tributs. Mais qu'importe. Je vais être une gêne pour cette personne à l'air déterminé. Je vais l’embarrasser. Il mourra à cause de moi. Il va tenter de me protéger pour ne pas mourir. Je suis tellement triste.

0 secondes.

Je saute avec habileté de mon support et cours les quelques mètres qui me sépare d'un sac, que j'attrape dans la foulée, avant de bafouiller :
"Euh... Je suis Eycko, Eycko Dawnstar, du District Douze. Tu sais ? La fille qui a un frère jumeau..."
Je me tais et le regarde en silence, gênée.
" Je crois qu'on est ensemble, dis-je dans une soupire en lui montrant mon bracelet, désolée..."
Je me tourne alors vers la mer, et contemple les vagues qui avancent et reculent... Je dois retrouver Narcisse. Il le faut. Je ne peux pas l'abandonner.
Narcisse, je te promets que je vais te retrouver !

Nous sommes nés à deux comme la plupart naissent seuls. Dans une poignée de jours ou une poignée d’heures, nous serons séparés. Nous sommes nés à deux. Nous ne sommes qu’une âme en deux corps. Nous sommes les jumeaux maudits.
Nous sommes les jumeaux maudits et nous sommes nés à deux comme la plupart naissent seuls.
Notre destin… est d’être séparé.
L’Homme n’a qu’un cœur. Le nôtre est déjà souillé.
Le cœur d’un enfant est blanc, le cœur d’un enfant est pur. Le cœur de deux enfants liés par le sang contraints au combat est impur.
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Edward Whertheimer

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MessageSujet: Re: Deux âmes pour un coeur.   Mar 23 Avr - 0:20


Deux âmes pour un coeur
D'après les acclamations de la foule, Edward avait cru avoir remporté de nombreux points et avoir attiré plusieurs sponsors grâce à sa démonstration durant la cérémonie et ses compétences pendant les entrainements. Mais apparemment, les avis étaient partagés. En effet, il y avait d'un côté les femmes qui avaient aimé sa prestation, son petit "mas-tu vu" durant la cérémonie, mais les hommes étaient beaucoup moins chauds le trouvant légèrement présomptueux. Mais surtout, et ça c'est Svyr son styliste qui lui avait dit juste après l'interview : Edward faisait peur. Avec sa carrure de bûcheron, son regard noir, son air toujours grognon et ses réparties cinglantes et sèches, il attisait plus la peur que la sympathie, voire même la crainte. Il fallait avouer que la populace n'avait pas tort, depuis le décès de son meilleur ami l'année précédente, Bowie, à la porte de la victoire, son caractère avait changé et il avait rapidement perdu son caractère jovial pur devenir solitaire et âcre. Âcre comme une pluie acide pendant une nuit orageuse d'été. Sa famille ne le reconnaissait plus, et même s'il était encore agréable avec eux, il avait rapidement perdu le peu d'amis qu'il avait, préférant se réfugier en haut d'un arbre à la nuit tombée ou encore se perdre dans le travail. Très vite, il était devenu accro au travail, ce qui expliquait aisément le développement impressionnant de son corps pour son âge. Et tout ça dans un seul et unique but : la Vengeance. Il voulait tuer, venger son meilleur ami, et porter le glaive de la Justice pour porter un coup fatal aux Carrières, seuls véritables ennemis pour lui dans l'Arène. Gagner était son but ultime, mais s'il mourrait en ayant tuer le dernier des Carrières, son esprit serait apaisé. C'était tout ce qu'il demandait.

Jusqu'au jour J, il était persuadé de devoir commencer l'aventure autour de la Corne d'Abondance. Il savait que ce moment était le pire de la compétition, le terrible moment du Bain de Sang. Contrairement à la plupart des tributs chétifs comme les plus jeunes et les filles un peu brindille comme Philippine, sa compagne de District, le bûcheron n'avait pas l'intention de fuir dans la forée pour échapper à la folie dévastatrice et meurtrière des Tributs, bien au contraire. Il avait besoin d'armes pour faire un maximum de dégâts. Edward n'était pas un faible, il savait qu'il pouvait faire un massacre dès le début et que ça plairait aux sponsors un peu frileux pour le favoriser. C'était ça son plan, se jeter dans la mêlée, n'hésitant pas à piétiner les autres tributs, quelque soit leur âge. Il n'aurait aucune pitié, aucune compassion, il laisserait enfin sa colère consumer son corps et son âme pour avoir la force nécessaire à être le meilleur. Une fois armée et avec un paquet de survie il ne chercherait néanmoins pas à rester trop longtemps. Non, ce n'était pas sur un terrain découvert qu'il était le plus fort bien au contraire, c'était dans la forêt, avec les arbres, ses seuls amis au jour d'aujourd'hui. Il se réfugierait donc dans les bois, en espérant bien entendu que forêt il y aurait, il s'imaginait mal devoir se battre dans une Arène rocailleuse sans le moindre végétal ou le moindre arbre. Et ensuite, il survivrait, il vivrait dans les arbres, surveillant de loin les autres tributs isolés pour mieux les tuer. Mais rien n'allait se passer comme dans ses plans.

***


En effet, le matin même où la compétition allait commencer, la vieille mégère et le styliste qui s'occupaient de Philippine et lui leur annoncèrent que les règles avaient changé. Déjà, ils ne seraient pas tous réunis autour de la Corne d'Abondance et donc il n'y aurait pas de Bain de Sang. Cette annonce fut un véritable coup dur pour Edward qui voyait là sa soif de vengeance et de sang considérablement frustrée. Lui qui rêvait déjà depuis plusieurs nuits de l'acier mordant de sa hache tranchant la chair tendre et moelleuse d'un de ces carrières qu'il avait observé lors la Cérémonie. A vrai dire, Edward n'avait fait attention qu'à eux durant la dite-Cérémonie, il n'avait fait attention à aucun autre, ne représentant selon lui pas de véritable danger. Et encore, si la surprise d'Edward ne s'était arrêté que là, il aurait été bien content. Mais son styliste lui dit la deuxième mauvaise nouvelle. Il allait devoir fonctionner en duo. Sur le coup, le jeune homme ne comprenait pas, ainsi il y aurait deux vainqueurs ? c'était impossible non ? Et surtout, il redoutait déjà de se retrouve avec Philippine, cet épouvantail qui ne lui servirait à rien et qui lui chaufferait les oreilles plus qu'autre chose. Mais au moins il la connaissait. Néanmoins, ce n'était pas elle qui constituerait sa partenaire de binôme. En effet, ceux-ci ne seraient révélés qu'au début du Jeu. Tous les plans du bûcheron étaient en train de s'éteindre comme une nuée de bougies dans un ouragan. Il ne pourrait pas fonctionner en complète autonomie, lui qui était pourtant tellement solitaire. L'enfer. Il allait devoir attendre l'arrivée dans l'Arène pour savoir qui était son partenaire. Il espérait franchement ne pas se retrouver avec un carrière, il n'aurait pas pu le supporter, il se serait même probablement suicidé pour le simple mérite de tuer un carrière dans sa chute. Oui, car c'était une des spécificités de ces binômes, si l'un mourrait, l'autre décédait sur le champ. Comme si Edward avait vraiment besoin des faiblesses d'un autre que lui...

***


L'attente avait été longue, mais le moment était enfin venu. C'était le styliste qui allait l'accompagner jusqu'au tube. Pour les jeux, les vêtements étaient assez légers, ce qui arrangeait le jeune qui aurait détesté être encombré sous plusieurs couches de vêtements. La tenue est donc très simple, composé d'un short noir assez saillant, avec une paire de bottines et un marcel kaki qui ne faisait que mettre en avant les muscles du bûcheron. Il ne lui manquait plus qu'une plaque militaire et on aurait juré à un soldat américain en mission en Guyane. Mais à la place de la plaque de matricule, c'était d'un poignet métallique que la tenue s'accompagnait. C'est ce dernier qui allait conditionner le binôme : une véritable chaine pour le jeune homme. Avec un peu de chance il se retrouverait avec un jeune garçon de son âge ou un peu plus jeune, s'y connaissant en chasse et assez rapide. Plus grand est l'espoir et plus cruelle est la désillusion. Svyr lui donna quelques conseils avant qu'Edward ne rentre dans le tube, pendant que le compte à rebours commençait son décompte inéluctable. Le jeune homme ne l'écoutait plus que d'une oreille. En cet instant il ne pensait qu'à son meilleur ami et les images de sa mort horrible repassaient dans sa tête comme un vinyle rayé, bloquant toujours au moment où l'épée du carrière avait transpercé Bowie... Une immense tristesse mais également une rage, une rage de vaincre et de vengeance qui durcirent ses traits encore plus qu'auparavant. La machine de guerre était lancé. Enfin, le tube montait vers la surface, vers l'arène, vers sa mort certainement mais ça il s'en fichait, pour lui ce n'était que le début de la Vengeance ultime.

La première sensation qu'il eut était celui de chaleur. Il faisait extrêmement bon sous le soleil artificiel de l'arène. Facilement 30 degrés, ce qui n'était pas pour déplaire à Edward, mais il savait que la chaleur pouvait être handicapante si on voulait courir ou autre. Il se trouvait sur une grande plage de sable clair, sable sur lequel le Soleil se réfléchissait ce qui obligea Edward à plisser légèrement les yeux. Un bruit de vague : la Mer. Habitué aux forêts, cette grande étendue d'eau l'inquiétait un peu et il avait la désagréable impression que cette mer représentait un danger. Un dernière regard de l'autre côté du grand bleu : une forêt, très fournie et très haute, avec des arbres et arbustes de toute taille et de tout type. Sourire cruel d'Edward Ca, c'était son élément, il savait que dans cette verdure, il était le plus fort.

Le compte à rebours venait d'atteindre zéro, le Jeu commençait. Une voix. Petite, fluette, enfantine et féminine en somme. Edward avait presque oublié qu'il avait une binôme. Quand il vit qui c'était, il fut décontenancé : une enfant. Il était dégouté de devoir se trimballer un boulet pareil. Elle disait s'appeler Echo et être du District 12. La fille avec un frère jumeau ? Comme si Edward avait fait attention à ce genre de détail inutile. Au moins, elle n'était pas bête car elle avait conscience d'être un poids mort pour lui. Edward ne savait pas se montrer compatissant, ou plutôt il ne savait plus depuis la mort de Bowie...

"Echo tu dis ? Très bien. Edward Whertheimer, 7ème District. Je pense que tu as raison. Mais je croyais être là pour me battre et non pas pour faire la nounou. Puisque c'est comme ça, je vais devoir faire avec."

Cette fille d'à peine 12 ans serait LE point faible d'Edward, sans compter sa rage vengeresse. Soucieux de sa mission, le jeune homme se pencha vers son sac, situé à quelques mètres de la plateforme : bon quelques vivres, de l'eau, de quoi dormir et se soigner, une dague et surtout son arme de prédilection, une hache. Une bonne grosse hache bien ferme à la tranche effilée qui ferait de beaux dégâts, des dégâts sanguinolents. Satisfait, il prit la dague pour la mettre au niveau de sa ceinture, tandis qu'il plaçait la hache de l'autre côté. Un peu lourde, mais il pourrait la lancer si le besoin se faisait sentir. Prêtant attention à la gamine, il crut bon de dire :

"Maintenant que les présentations sont faites, et comme nous sommes en binôme, je préfère ne pas traîner, arriver à la Corne dans les premiers nous apportera un avantage certain sur les autres équipes, alors on y va."

Edward commençait à avancer mais la gamine ne bougeait pas...




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Echo Dawnstar

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MessageSujet: Re: Deux âmes pour un coeur.   Mar 23 Avr - 16:21

A la corne ? Mes oreilles me jouent-elles des tours ? A la corne... Il a bien dit à la corne... Mais... on ne peut pas aller à la corne. On ne sait pas où elle se situe, et puis, pourquoi y aller ? Pourquoi ne pas se diriger vers l'inconnu ? Dans un endroit où l'on pourra se cacher en attendant en silence. Il n'y a pas de bain de sang cette année. Pourquoi vouloir se rendre dans un endroit comme celui-là ? Ça n'a vraiment aucun sens... Quel homme autoritaire. Je suis tombée avec un homme sanguinaire, ma parole ? Un suicidaire peut-être... Je lève les yeux vers lui. Il est devant. Il me regarde, visiblement surpris et mécontent. Mais il ne comprend pas ? Il ne saisit pas ? Il compte partir se jeter dans la gueule du loup, il compte nous envoyer droit vers la mort. Ce n'est pas un carrière. Il n'est pas entraîné. Il n’imagine pas le danger dans lequel il compte se lancer ! J'ai envie de courir vers lui, de lui hurler qu'il se trompe, qu'il est cinglé. Je ne saisis pas. Je n'arrive pas à décoder ses pensées. De toute manière, qui compte-t-il retrouver là-bas ?

Toujours immobile, les yeux à présent fixaient vers la mer, je ravale un cri. Tout s’éclaircit dans mon esprit, le brouillard qui s’y était installé disparaît, laissant place à la flamme de la compréhension. Ce « Edward » n’est pas idiot. Il réagit probablement comme la plupart des autres participants. La corne d’abondance n’est autre qu’un point de rendez-vous évident… c’est le seul lieu que tout le monde connaît de nom sur cette île ! Si j’étais un carrière, je me rendrais sans doute là-bas, songeant que les adversaires les plus coriaces feraient de même, au lieu de me perdre dans la jungle et de prendre le risque de mourir par un piège quelconque. De petites gouttes de sueurs viennent perler sur mon visage. Il est fou, il est bel et bien fou ! Je ne peux pas me rendre dans un endroit aussi dangereux. C’est impossible. Et puis, il en va de même pour mon « allié ». Je ne veux pas qu’il meurt à cause de moi. Au fond, nous ne sommes tous que des enfants. Personne, même pas le pire des tributs, ne mérite de mourir lors de ces jeux. C’est immoral, même moi je peux m’en apercevoir… Mais nous ne pouvons faire autrement. Nos destins sont liés, que nous le voulons ou non.

Je lève la tête. Je n’ai pas rêvé. Là, bien à travers le mur d’arbres qui s’étale devant nous, une fusée vient d’apparaître, brillant dans le ciel clair et sans nuages. Mes mains se mettent à trembler. C’est mauvais signe. Très mauvais signe. Il ne faut pas que nous nous dirigions de ce côté, tout le monde va s’y rameuter. Pourtant, quelque chose me dit que je n’ai pas le choix. Edward est un véritable colosse sur pattes, d’une froideur de glace. Si je n’avance pas, il partira sans moi… Ou alors, il m’emmènera de force avec lui. Non, je ne veux pas. Je ne veux pas. Narcisse, aide-moi. Aide-moi ! Où es-tu ? Avec qui es-tu contrains d’avancer ? A quoi penses-tu ? Des larmes roulent sur mes joues. Elles coulent et coulent sans jamais s’arrêter, elles irritent mes yeux, elles rougissent mes joues. Elles me mouillent le cou, elles me mouillent la nuque. Et elles tombent. Et elles s’enfoncent dans le sable chaud. Mon poignet se met alors à vibrer, et une vive douleur commence à s’emparer de mon bras. Les yeux toujours embués, je contemple mon bracelet bleu, avant de regarder mon partenaire. Un déclic se fait alors dans mon cerveau, et je comprends. Non seulement si l’un meurt l’autre le suis, mais en plus, quelque chose de bien plus grave qu’une décharge électrique pourrait se passer si nous sommes trop éloignés l’un de l’autre.

Consciente qu’à présent, il me faudra suivre Edward pour éviter d’exploser, je m’essuie le visage avec mon débardeur et cours le rejoindre. Je ne le regarde pas, je ne lui dis rien. Je sais très bien que si je m’adressais à lui en cet instant, il me sauterait littéralement dessus. Je lui ai fait perdre du temps. J’ai pleuré. Je suis tétanisée. Il doit bouillir de rage en ce moment même, honteux de devoir se trimballer un boulet, il est inutile de lui rappeler ma méprisante existence. Mais je ne vais pas le laisser tomber pour autant. Avec un peu de chance, mon cher frère va se diriger vers la fusée qui est apparue dans le ciel tout à l’heure. Alors je vais le suivre sans rechigner. Il ne sait pas ce que je sais faire, mais dans sa malchance, il a eu de la chance. Jungle ou forêt, quel différence ? Mon père, ce rebelle pur et dur m’emmenait dans le bois qui longe mon district, conscient d’enfreindre la loi, pour cueillir des plantes médicinales et comestibles. Assez douée dans ce domaine, j’ai ce don de reconnaître les plantes et de me mouvoir dans une forêt avec discrétion. En fait, je suis contente que maman possède de rares livres sur la faune et la flore exotique à la maison. Curieuse, je les ai souvent lus et relus. La biologie, c’est mon domaine, et je le lui prouverai.

Me dirigeant vers l’obscurité des arbres, j’ouvre mon sac. Ok, un poignard, une dague, et quelques objets de survie. Je bois une gorgée d’eau, glisse mes deux armes dans ma ceinture, et resserre bien mon sac à dos. Je sais légèrement me servir d’un couteau, je coupais parfois des plantes avec papa… Mais je ne suis pas aussi douée que Narcisse dans ce domaine. Je ne sais pas me battre, je suis même capable de m’auto couper un doigt. Mais il y a quelque chose que je sais néanmoins faire, autre qu’administrer les premiers secours, quelque chose que j’ai montré devant les juges, faute de mieux. Quelque chose qui m’a tout de même rapporté un 7 à l’entraînement. Narcisse c’est monté bien plus haut que n’importe qui dans les arbres. Moi, j’ai hérité d’une souplesse et d’une discrétion incroyable. Je peux courir très vite sans faire de bruit, jouant avec les ombres des troncs et des buissons. Mon destin n’est plus vraiment entre mes mains, mais au moins, pendant qu’Edward se battra, je serais difficilement attrapable. Ça lui évitera de me sauver. Oh, je pense que me voir morte ne lui ferait rien, il n’est pas très sympathique… Mais si je meurs, il meurt.

Si Narcisse es un oiseau qui se meut dans les arbres, moi je suis une souris qui se déplace à travers les buissons. Il est maître des poisons, je suis la déesse de la guérison.

Nous sommes deux.

Nous sommes complémentaires.

Je vais te retrouver.

Un dernier regard vers la mer, un signe de mon coéquipier, et je pénètre dans la jungle, plus courageuse que jamais.
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Edward Whertheimer

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MessageSujet: Re: Deux âmes pour un coeur.   Jeu 25 Avr - 0:16


Deux âmes pour un coeur
Rien ne pouvait arriver de pire à Edward. Alors qu'à l'origine il espérait être seul, ses espoirs avaient vite fondus comme neige au soleil. En effet, il se retrouvait enchainé à un autre tribut qui était en plus une gamine d'à peine 12 ans, certainement incapable de se battre et qui en temps normal serait morte dans les premières heures du Jeu. Ils auraient mieux fait de lui tirer une balle dans le pied qu'il aurait été moins handicapé... Néanmoins, Edward se rendit vite compte qu'il n'était certainement pas le seul à être ainsi affaibli. En effet, la même règle s'appliquait à tous, et il ne concevait pas que des équipes composées de deux carrières aient été formées. Non , pour sûr, les carrières devaient forcément être accompagnés de faiblards comme l'était Edward. Et cette faiblesse, il pouvait peut-être en tirer un bon parti. Il savait depuis le départ qu'il allait mourir dans cette arène, et à vrai dire, il s'en fichait pas mal, tout ce qu'il voulait c'était se venger, car une fois la vengeance accomplie, il pourrait mourir en paix. Dès le début, il savait qu'il ne faisait pas le poids face aux carrières du 1 et du 2, formés dès leur plus jeune âge à manier des armes en tout genre et entrainés à survivre dans n'importe quel milieu. On pouvait aisément les comparer à des machines à tuer, ce qu'Edward n'était pas par nature. Non, lui aimait la nature, la liberté, l'air frais des matins de printemps et les forêts vivifiantes sous un soleil d'été. En d'autres termes, le jeune homme savait très bien qu'il ne faisait pas le poids face à ces carrières, mais il comptait sur l'effet de surprise et la ruse pour les vaincre, ainsi que sur sa force, et non pas sur une maitrise affinée des armes. Les nouvelles règles changeaient complètement la donne. Si l'on voulait tuer un carrière, il suffirait tout simplement de s'attaquer à son binôme. Et si le binôme mourrait... le carrière suivrait rapidement. Mais en contrepartie, Edward était dans le même cas de faiblesse. Se retrouver avec une gamine franchement, c'en était pitoyable tellement c'était désespérant.

Le bûcheron n'avait pas envie d'attendre. On aurait pu dire qu'il avait envie de couper du bois mais en l'occurrence il avait hâte de tailler dans de la chair humaine. La vengeance avait enlevé toute once d'humanité dans ses veines, ce qui ne l'empêcha pas néanmoins de ressentir une pulsion au niveau de son poignée, au fur et à mesure qu'il s'éloignait à grand pas du lieu de départ, là où attendait encore la gamine qui s'appelait comment déjà ? Ah oui : Echo. Sous la surprise, Edward faillit s'arrêter net mais il se contenta de ralentir, en espérant que la jeune fille le rattrape. Il avait failli oublier une des premières règles : il n'avait pas le droit de s'éloigner de plus de 10 mètres de sa binôme au risque de mourir d'une décharge électrique. Mourir de manière aussi stupide l'aurait ulcéré et il s'estima heureux d'entendre rapidement les pas de la fille du District 12. Le bûcheron avait ralenti le pas, afin d'éviter d'épuiser prématurément sa comparse. Il était bien obligé de la ménager, il n'avait pas envie de la porter car cela saperait toutes ses forces et il avait besoin de les garder au cas où d'autres tributs arriveraient avant lui.

Soudainement, une lumière vacilla dans un élan de fumée dans le ciel encore clair, une lumière rouge, clignotante. Edward ne savait ce que cela signifiait, mais il se doutait bien d'une chose c'est que tous les autres tributs avaient du voir cette lumière et qu'elle signalait un point de ralliement. Serait-ce un moyen d'indiquer la direction à prendre pour rejoindre la Corne d'Abondance ? Quel lieu, à part celui-là, pouvait donc constituer un tel point de rassemblement ? De suspicion, la chose devint certitude et le jeune homme changea l'orientation de sa marche régulière pour se rendre vers cette lumière. La forêt n'avait pas l'air des plus touffues, il serait donc aisé pour els deux tributs de zigzaguer entre les arbres, les buissons épineux et autre branche basse en faisant un minimum attention. Dans le pire des cas, s'ils rencontraient un obstacle, Edward n'aurait qu'à saisir sa hache et en bon bûcheron qu'il était l'obstacle serait vite transformé en allumettes.

***
La plage n'étant pas encore si éloigné, on pouvait encore entendre les clapotis de l'eau contre les rochers, mais bientôt un autre bruit se fit entendre. Edward crut d'abord à une rivière, ce qui aurait pu être utile quand les gourdes seraient vides, mais il se rendit vite compte que ce bruit étrange venait de la gamine qu'il était obligé de se trimballer. Ah non, il ne fallait surtout pas qu'elle... Trop tard, la fille était en train de pleurer. Ou plutôt en train de chouiner, essayant de ravaler ses larmes de peur qu'on ne les voit ou qu'on ne la réprimande peut-être ? Déjà qu'elle constituait un poids en elle-même, si en plus elle devenait bruyante, ils ne verraient pas le deuxième jour arriver qu'ils seraient déjà morts. Ces larmoiements étaient insupportables... Mais en même temps, ils suffirent à insérer un brin d'humanité et de sensibilité dans l'épaisse carapace qu'Edward s'était formé depuis la Moisson. Il avait une jeune soeur de l'âge d'Echo, là bas, dans son district... Elle aussi avait pleuré lorsqu'Edward avait été tiré au sort.

Flashback

Le soleil était assez bas dans le ciel. On était en fin de journée. Cette journée avait été longue, et fatigante pour les membres de la famille Whertheimer. Edward, avec ses deux frères plus âgés, avait aidé à scier plusieurs troncs et les avait transporté jusqu'à la charrette, avant que celle-ci ne parte déposer la récolte journalière chez un revendeur qui en ferait des planches ou de la matière première pour d'autres Districts, avant que le précieux bois ne soit envoyé au Capitole et que le reste du bois, moins beau, soit vendu à prix d'or dans les marchés des autres Districts, le 7 inclus. Ses deux aînés se reposaient, et Marie avait tenu à ce que son frère Edward l'accompagne ramassait du petit bois près du lac pour alimenter un feu pour la soirée, elle avait chassé un lapin dans la journée, et il allait pouvoir faire un vrai festin. Le frère et la sœur avait marché une bonne heure côte à côte, parlant de tout et de rien. Quand ils avaient parlé de la moisson, Marie avait pleuré et Edward l'avait consolée...


Cette Echo lui rappelait sa petite sœur, qui attendait son retour avec impatience. Comment le reconnaitrait-elle sur les écrans s'il se montrait froid face à la tristesse de cette gamine. Edward ne voulait pas se mêler des déboires de la jeune fille, mais il crut bon d'intervenir, ne serait-ce que pour motiver le moral des troupes... C'était la première fois depuis la Moisson qu'il montrait un soupçon d'humanité et de sensibilité.

- Tu ferais mieux d'économiser ton eau... Nous n'en sommes qu'au début de la journée, et la marche sera très longue et très fatigante je pense, avec la chaleur... Je préfère éviter que l'on s'empoisonne avec l'eau des rivières, alors rationne toi...

Et ne pleures plus. Tu n'as pas à avoir peur, je ne te veux aucun mal, de toute manière nos sorts sont liés. On peut parler un peu si tu veux... Enfin je peux t'écouter.


Dire tous ces mots n'avait pas coûté le moindre effort à Edward, qui d'ailleurs n'avait pas ralenti. Il commençait déjà à transpirer, c'était là un de ses principales défauts, il transpirait très vite, trop vite. Et la chaleur de la région insulaire allait empirer les choses, la température ayant déjà augmenté depuis le début des Jeux. S'ils ne se rationnaient pas, ils manqueraient très vite d'eau, et Edward refusait de perdre maintenant parce que lui ou la gamine aurait bu de l'eau empoisonnée d'une rivière. Il ne pouvait pas se le permettre. Il fallait juste rester calme et bien gérer le peu qu'ils avaient. Pendant qu'ils marchaient, il écoutait la jeune fille, dont la voix vit vibrer son cœur et son âme en lui rappelant celle de sa petite sœur, loin de lui... Ici il était seul, mais dans son cœur il savait qu'il ne l'était pas.





codes par shyvana
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Deux âmes pour un coeur.

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