The Cornucopia : Forum RPG Hunger Games

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 En totale soumission [Moisson]

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Eden E. Milroch

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MessageSujet: En totale soumission [Moisson]   Jeu 7 Mar - 21:39

Le noir. L'obscurité environnante m'empêche de voir plus loin que le bout de mon nez. Je suis perdue. Suis-je en haut ? En bas ? Suis-je à l'envers ? A l'endroit ? Je ne saurais le dire. Je suis là. Le coeur battant à tout rompre. Ma vie est une ligne droite, sans tangente, sans carrefour, sans futur. J'ai mon passé. Il est là. Il défile sous mes yeux éberlués et effrayés. J'ai froid. J'ai chaud. Un tremblement frénétique envahit tout mon corps. La moindre parcelle de ma peau semble comme brûler. Mon dieu, je prends feu alors que je suis faite de glace ! Un hurlement perçant déchire l'obscurité opaque. Un blanc foudroyant me rend aveugle. Le temps que mes yeux fassent la mise au point, je bascule dans le vide. Du sang au coeur, couteau dans le dos...

Je me relève en position assise, le coeur tambourinant dans ma poitrine, tel un fou dans une cage. Mon regard, brouillé par des larmes, se pose sur l'unique pendule de ma chambre. Cinq heure... Encore et toujours ce même rêve qui me poursuit depuis toujours, d'aussi loin que je m'en souvienne. Et vu l'heure, je ne vais pas réussir à me rendormir. Autant me lever... Et me débarrasser de ces terreurs nocturnes.
D'un pas titubant, je me dirige vers la salle de bain, me débarrassant ainsi de ma peur et de cette sensation de froid qui persiste. Je me déshabille prestement, tremblant de froid, tant la température est basse. Ma chemise de nuit, d'un ocre soutenu s'étale sur le plancher en un vieux chiffon. J'ouvre les robinets à fond, qui grincent à cause de la présence de rouille. Le temps que l'eau chauffe, je grelotte tout en me retournant vers le seul et unique miroir de toute la maisonnée. Enfin, si je puis appeler ça un miroir. On dirait plutôt que c'est un reste de miroir brisé... Enfin bref, il me rend le reflet d'une pauvre adolescente toute chétive et palote. Mes longs cheveux pailles tombent en un rideau sur les épaules... Mes grands yeux noirs, cernés de noir ne me donne l'apparence que d'un futur cadavre. Chose que je serai tôt ou tard !

L'eau qui éclabousse me rappelle à l'ordre. La baignoire est presque à ras bord. Je ferme les robinets avant de plonger un pied dans l'eau bouillante. Je m'enfonce dans la vasque jusqu'à ce que mes oreilles se retrouvent sous l'eau. De la vapeur monte autour de moi, tandis que le silence règne. J'entends le vrombissement de la nuit. J'entends le chuintement de mon corps contre les parois. Mais je n'entends plus ce monde de fou, ce monde où l'anormalité est mal vue. Ce monde où les cauchemars prennent vie. J'aime ce silence et cette impression d'être sourde à tout bruit. J'ai bien dit à tous ? Et bien, non... Il restait cette petite voix qui ne cessait de me parler, matin midi et soir. Cette même voix qui ne semblait avoir aucune mauvaise intention à m'en encontre, mais contre mes proches. Cette même voix que seul Mathias arrivait à faire taire. Ce qui était assez paradoxal quand on sait qu'il est lui même muet !

Elle me siffle des paroles que je ne veux pas entendre. Elle me souffle des idées qui ne sont pas miennes. Elle me murmure des envies de sang et de chaos... Libère-toi ! Pleure hors de moi... Prends ton envol et brise tes chaines. Brise ta famille, tue là ! Elle ne t'aime pas, elle te rejette. Pour eux, tu es morte dès ta naissance. Tu es morte née. Tu sais ce qu'ils murmurent tous lorsque tu as le dos tourné ? Ils disent que tu es folle, que tu ne mérite rien de pus qu'une mise à mort immédiate. Une erreur de la nature qu'ils crient en te fuyant ! Ils... "Ta gueule !" Et pourtant tu le sais... J'ai raison. Au fond de toi, avoue-le. Il te hais au point de te mettre à l'écart. Ils... "FERME-LA !" Et sans plus attendre, je me mets à réciter en une litanie frénétique, les deux mains sur mes oreilles : LA LA LA LA-LALA LA LA ! En montant dans les octaves au plus la voix se fait forte. Finalement, je m'enfonce dans l'eau qui a légèrement tiédie. J'avale de l'eau tout en continuant mon incantation qui se noie dans les bulles. Ce n'est qu'à la limite de l'inconscience que je perce la surface et que j'inspire une grande gorgée d'air. Il me faut bien des minutes pour reprendre mes esprits et mon souffle... Je soupire tristement, quittant une eau froide avec ravissement. Je m'habille prestement : rien de bien coquet. Un jean troué et un débardeur beige. Je coiffe mes cheveux en un chignon serré et je sors de ma maison par la porte d'entrée, comme s'il était normal pour une fille de 15 ans de sortir à six heures du matin..

Clac. Clac-clac. Fait le caillou contre les volets de Mathias.

"Aller, debout, vieux paresseux !" maugréé-je avec humeur.

Il était le seul à me calmer en pleine crise. Certes, aujourd'hui était également le jour de la Moisson et je devrais donc le laisser aux pays des rêves mais, égoïstement et dans une certaine mesure où me laisser dans un tel état serait la pire connerie à faire, Mathias était LA solution.

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Mathias M. Eriksen

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MessageSujet: Re: En totale soumission [Moisson]   Jeu 7 Mar - 23:04


Lorsque je me réveille, la lune est toujours dans le ciel, encore noir. Comme d'habitude. Je me lève de mon lit, en allant vers la fenêtre. Les créatures de la nuit sont toujours là. Le silence est omniprésent. Personne marche dans les rues, et tout le monde ou presque est chez soi. Sauf les travailleurs qui ont leurs horaires de nuit. La centrale nucléaire marche toujours. Une douce fumée blanche est présente dans le ciel d'un noir bleuâtre. Je pense à ceux qui travaillent dans les centrales électriques, que je vais probablement rejoindre dans quelques années. Si les Hunger Games ne me prennent pas avant. Car si je suis moissonné, quoi qu'il arrive, je vais jamais rejoindre les autres travailleurs de mon District. Soit je gagne, donc je ne travaille pas, soit je meurs, et dans ce cas, le problème se pose pas. Même si avec 23 personnes dans une arène, dont probablement 6 carrières, mes chances de victoire sont bien minces. Et aujourd'hui, c'est le jour de la Moisson. Le jour où vont être choisis les deux tributs du District 5 pour les cinquièmes Hunger Games. Les deux tributs qui vont se battre pour la victoire. Bref. Je sors de ma chambre, essayant de faire le moins de bruit possible, même si ma mère est déjà partie, sans doute. Elle cuisine pour les gens, et elle essaye de noyer la douleur dans son travail. La douleur du divorce. La douleur dans me voir retourner à la maison avec la nourriture des tesserae. La douleur de savoir que je pourrais mourir dans un jeu idiot. La maison est submergée dans le noir. Ma première direction est la cuisine. Même si c'est très tôt, mon estomac gargouille quand-même. J'ouvre le placard, en voyant le peu de nourriture qu'on a. Je prends les petits biscuits faits avec le blé des tesserae, et la bouteille avec l'eau.

Après avoir fini ce maigre déjeuner, je monte vers la salle de bain. Je marche silencieusement, pour ne réveiller pas les fantômes cachés dans la maison. Une fois arrivé, je me regarde au miroir. Ou du moins, ce qu'il en reste. En voyant la couleur différente du mur, on peut comprendre qu'avant, il y avait quelque chose, même si depuis que je m'en souviens, il est comme ça. Mes yeux ambrés semblent encore plus jaunes que d'habitude, probablement à cause de la faible lumière présente. Mon teint est pâle, et le froid n'aide pas à me faire sembler plus rose. Mes cheveux blonds sont la seule chose qui n'est pas modifiée par le froid. Je commence à faire couleur l'eau la plus froide possible, alors que la température de l'air est déjà assez froide pour me faire frissonner. Je met mon avant-bras sous l'eau, avant de passer ma main libre sur les blessures, pour effacer le sang, désormais séché. Je me mordille l’intérieur de la joue, comme mes plaies sont pas encore cicatrisées, et que chaque fois que ma main y passe dessus, une vague de douleur traverse mon corps. Mais cette douleur n'est pas la même que quand je m'inflige les blessures. Celle là... Elle ne calme pas les pensée dans ma tête. Je serre les yeux, pour chasser les idées noires qui m'oppriment l'esprit. Mais rien. Rien se passe. Elles sont toujours là.

Je m'habille, en me mettant une veste grise au dessus d'un tee-shirt blanc, auxquels j'ajoute le premier jean que je trouve. Quand j'ai fini de m'habiller, des bruits légers capturent mon attention. Des cailloux qui battent. Et une voix féminine très familière.

-Aller, debout, vieux paresseux!

Je me hâte de sortir, et je trouve Eden, qui lançait des cailloux vers ma fenêtre. Pourquoi elle a besoin de moi au point de venir chez moi alors que c'est... environ six heures du matin? Au moment même où je me pose la question, j'ai la réponse. Elle a probablement une crise. Et donc elle a besoin de moi pour l'arrêter. Puis, sa visite ne me déplaît pas. Ça ne va pas être de trop pour m'aider à penser à autre chose. Mon visage exprime ce que la voix que je n'ai pas ne peut pas le faire: le fait que ce soit une blague. Ce qui est compréhensible, mais on sait jamais.

«Hey. T'as besoin d'aide pour casser mes fenêtres?»

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Eden E. Milroch

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MessageSujet: Re: En totale soumission [Moisson]   Mer 20 Mar - 19:35


La porte s'ouvre sur une obscurité opaque d'où se détache la silhouette de mon ami. Il referme doucement la porte avant de remuer ses lèvres en me jetant un regard ironique.

"Oui, ton aide serait la bienvenue !" je réponds en lui souriant. Je le regarde de haut en bas et siffle d'admiration : "Ouah, tu as fait un effort !"

En rigolant, je lui attrape le bras et je l'attire vers les environs de notre charmant petit district. Bras dessus bras dessous, nous arrivons derrière une des usines où nos parents triment matin et soir. Je me jette dans l'herbe entraînant à ma suite mon ami. S'il savait comme le voir me fait du bien ! De un, mes idées noires et embrouillées s'envolent. De deux, ma schizophrénie se tasse. De trois, quoi de mieux que passer un peu de temps avant la Moisson ?
Qui sait... Si ça se trouve l'un de nous deux sera moissonné... L'un de nous deux pourrait ne jamais revenir. Qui sait ? Et Dieu seul saura ce qu'il adviendra de moi si l'on venait à me séparer de mon calmant !

Égoïste. Non, non, juste que je n'ai pas le choix que d'y songer... Égoïste. Mais non, je ne veux pas qu'il soit moissonné ! Ou même moi ! Enfin si, là je veux bien, mais... Égoïste. Mais si je suis seule, loin de lui, c'en est fini de tout le monde. C'en est fini de Eden ! Égoïste. Terminé. Égoïste. Out. Égoïste. Game Over. Égoïste ! Je... NON ! C'est faux ! Égoïste Eden. Tu ne penses qu'à toi. Non... Toujours. Non... Tout le temps ! NOON !

Je ne me rends pas compte de ma raideur. Je suis tendue à la limite du possible, les dents serrées, me débattant avec cet autre moi qui devient de plus en plus fort. Il faut que ça s'arrête. Il le faut ! Je ne vois plus Mathias à mes côté. Je me sens terriblement seule. Seule avec ces mots qui s'incrustent tels des ventouses à mes pensées. Seule avec ces mots qui semblent si vrais... Si détenteur de vérité. Je replis mes genoux contre ma poitrine tandis que mes mains - devenues serres - s'accrochent à mes cheveux et à ma tête. Et je me met à me balancer d'avant en arrière, tandis que les voix s'amplifient.

"C'est faux... C'est faux... C'est FAUX !"

Qu'il soit là ou non, tu n'es rien. Il vaut mieux le tuer. Mieux en finir avec ce petit bout de chair bien chaud. Regarde-toi ? Tu es bien mieux que lui. Tu t'obstine juste à croire qu'il te calme. Or, il n'en est rien. Pour preuve !

"C'est FAUX... FAUX FAUX FAUX !!!"

J'ai la respiration qui s'accélère. J'ai froid et chaud à la fois. Je me sens vide... Si vide. Une main lâche ma tête pour agripper mon t-shirt avec fureur. Je veux faire taire ce coeur qui n'en peut plus de ne plus pouvoir s'arrêter ! Faites-le se taire ! Putain ! Pitié...


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Mathias M. Eriksen

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MessageSujet: Re: En totale soumission [Moisson]   Ven 22 Mar - 18:03


Eden me prend bras dessus bras dessous, tout en rigolant un peu. Nous arrivons près d'une des usines où les personnes travaillent, habituellement. Mais pas aujourd'hui. Pas le jour de la Moisson. Tout le monde doit y assister. Donc, on va pas à l'école et on travaille pas. Qu'est-ce qui arriverait si l'un d'entre nous venait moissoné? Non... il y a quand-même beaucoup de petits papiers. Et il y a pas beaucoup de chances que moi ou Eden, on soit choisis. Mais... si ça arrivait? Je me porterais volontaire pour être avec elle dans l'arène? Pour être avec elle jusqu'à la fin? Ou je préférerais rester ici, égoïstiquement, en attendant une autre mort, ou une autre édition des Hunger Games? Mah. Va savoir. Parfois, même moi je ne sais pas ce que je vais faire. Comme si les pensées noires m'occupaient l'esprit à tel point que j'oublie tout le reste. Mais heureusement, c'est quand-même assez rare.

Eden se jette dans l'herbe, en me prenant avec elle. Après, je me mets avec le ventre par terre, et je commence à jouer avec des brins d'herbe. Oui, c'est infantile, mais ça me calme un peu. Je les noue maladroitement entre eux. Mes blessures aux bras ont recommencé à saigner. Je crois qu'elles n'ont pas résisté aux mouvements. Bon, tant pis. Elles ne saignent pas beaucoup. Après, avec les brins d'herbe, je fais des figures. Des figures molles, ternes, mais des figures quand-même. Comme j'en faisais quand j'étais petit. Quand je croyais que tout pouvais aller bien. Quand je croyais que je pouvais être heureux. Mais... quelque chose ne va pas, maintenant. Je me rends pas compte de quoi, avant que sa voix se fasse entendre. EDEN! Pourquoi j'ai pas pensé à elle? Pourquoi j'ai pas contrôlé qu'elle aille bien? Lorsque j'arrive vers elle, elle se balance d'avant en arrière. Une crise... Elle dit que quelque chose est faux. Mais quoi? Je la secoue légèrement, en l'appelant. Enfin, je fais pas de bruit, mais elle peut me voir. Je pose délicatement mes mains sur les siennes, pour la rassurer, tout en continuant de l'appeler avec gentillesse.

«Eden... Eden? Tout va bien aller, je suis là. Il n'y a aucune raison de s'inquiéter.»


Ouais, bien sûr. La Moisson arrive, Eden fait une crise et il n'y a aucune raison de s'inquiéter. Bien sûr.

«Tout va bien...»


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Eden E. Milroch

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MessageSujet: Re: En totale soumission [Moisson]   Mar 26 Mar - 14:12

Sa voix me parvient, tel un écho résonnant en loin. Fugace et immatériel. Inaudible... Comment puis-je seulement l'entendre quand bien même il est muet ? Voilà que j'entends des voix... De mieux en mieux ! Cependant, je n'y prête pas plus attention. Je ne vais pas m'arrêter sur la question au plein milieu d'une crise ! Et puis, je sens son contact sur mes mains. Une partie de moi aimerait le repousser et lui crier de ne pas me toucher, mais l'autre, plus forte, fait couler des larmes de mes yeux. Mathias est mon ami. C'est mon confident et je le considère comme mon frère. Jamais au grand jamais je ne lèverai la main sur lui !

Comme elle est venue, ma crise s'envole, me laissant complètement déboussolée et désarmée. Je n'en avais pas eu depuis deux ou trois mois... Il ne suffit que d'un détail pour qu'elles reprennent de plus belle ! La moisson. Ne pas y penser, Eden. Pas encore. Je me concentre donc sur la seule chose à laquelle je peux me raccrocher : Mathias.

"Dé... Désolée."

Ma voix n'est qu'un murmure que le vent emporte loin de nous. Je sèche mes larmes rageusement d'un revers de main et je braque mon regard sur mes chaussures. Qu'elles me semblent intéressantes tout d'un coup !

Peut-être est-ce ce rayon de soleil qui réchauffe ma joue qui me fait réaliser que l'heure approche. Peut-être que d'une certaine façon je préfère que Mathias profite de cette matinée autrement qu'en compagnie d'une schizo en pleine crise existentielle... Surement.

"Il serait mieux qu'on aille se préparer, non ?" dis-je d'un ton naturel.

Je ne veux pas qu'il croit que je le fuis. Enfin si... Mais... Non.
Il n'aurait pas du tout de le croire... Sans un mot de plus, je me lève et je prends la direction du centre. En bas de la pente je me retourne vers mon ami :

"Aller on se bouge ! On va être à la bourre !!" je m'exclame en ponctuant ma phrase d'une nuance ironique. A la bourre pour se faire moissonner, il ne manquerait plus que ça, ahah !

-----------------------------------------------

"Voilà, ma belle."

Mon frère revient face à moi, un sourire en coin. Seuls ses yeux peuvent montrer une certaine détresse. T'inquiète pas frérot... Si je suis moissonnée, je ne serai pas une grande perte ! Voilà ce que j'aimerais lui souffler pour le réconforter. Mais je sais que ça fera tout l'inverse, bien au contraire, alors je me tais et je me tourne vers le miroir craquelé. Mes cheveux sont remontés et noués par un ruban jaune pâle, de la même couleur que ma robe. Je me trouve jolie. Mais quand on sait l'occasion pour laquelle tous les enfants de Panem s'habillent en tenue du dimanche, étrangement ça déchante quelque peu...

L'heure est arrivée. J'embrasse Adam sur la joue - de toute façon, il ne pourra pas me suivre là où je vais - j'enfile mes vieilles converses qui détonnent bien avec le reste de ma tenue et je sors en direction de la grande place.
Je contourne les passants qui ressemble étrangement à un troupeau de mouton et je fais la file. Une fois mon tour venu, une larme de sang au doigt, je signe ma présence. Voilà. C'est bon... Plus qu'à attendre. Je vais dans mon groupe et je patiente en jouant avec une mèche de cheveux rescapée du ruban.

Nouée autour de mon doigt.

Ah voilà que le Maire arrive sur la scène rehaussée du fameux écran qui rediffusera les jeux en direct.

Dénouée.

Pourquoi est-ce qu'à chaque fois ils nous foutent une putain d'excentrique, sérieusement ? Sa tenue est tellement ridicule qu'un rire m'échappe quand la présentatrice fait son entrée, toute de plume multicolore vêtue.

Nouée.

Ils vont nous la montrer combien de fois cette vidéo ? Je me souviens que l'an dernier, ils nous avaient passé la même... LAVAGE DE CERVEAU ! Ouais, ça doit être leur slogan au Capitole !

Dénouée...

Oh mon dieu... Ça y est. Sa main attrape un papier. Délicatement elle l'ouvre, avec un sourire crispé. Elle doit être autant contente que nous d'être ici aujourd'hui. Bref. Mes yeux sont braqués sur ses lèvres. Je les vois remuer mais aucun son. Tout n'est que silence. Ou bien est-ce le choc ? Je ne sais pas. Les regards se braquent sur moi. Je me tourne machinalement vers la population où je croise le regard de mon frère. Adam...
Mais voilà, on m’entraîne sur l'estrade, les caméras braquées sur moi, tout Panem braqué sur moi. Nan putain de merde ! C'est pas possible ?! C'est un cauchemar, réveillez-moi !!! Je tremble. De rage. De peur. De colère. De tristesse. Pourquoi ? Pourquoi moi ?!

Elle me dit quelques mots. Très certainement gentils et polis mais je n'entends qu'un vague "Tu finiras au fond du trou" moqueur et froid.

Oh oui, au fond fond fond du trou trou trou ! Non. Il n'y a pas de trou... C'est elle. Elle, qui ? Elle qui avec ses ongles de sorcière t'a tirée. Oui mais c'est du hasard ! Crois-tu ? Que... Combien de probabilité ? Euh... peu ? Réfléchis petite Eden, réfléchis. Tu as bien entendu ce qu'elle t'a dit ? Elle sourit parce qu'elle est heureuse de voir une future morte ! Elle n'est pas mieux que les autres. Par contre, si tu la tues... Il y a peut être moyen. Tu... Tuer ?!

Je ne me souviens pas d'avoir sauté sur la présentatrice. Je ne me souviens pas d'avoir entouré de mes doigts sa fine gorge. Encore moins d'avoir serré. Serré... Choquée, je relâche ma prise avant qu'un éclair zèbre ma tête.

Mon corps se fait mou et flasque. En un clignement de cil je me retrouve allongée par terre, à la limite dans l'inconscience. Des bottes me cachent la vue. Il semblerait que j'ai glissé de la scène parce que je mange la terre. Et puis, en même temps, un liquide chaud coule sur ma tempe... Pourquoi on me verse de l'eau chaude ?... La douleur vibre dans mon crâne. Je suis complètement immobile, incapable de me redresser. J'essaie de garder mes yeux ouvert mais la sécurité de l'inconscience se fait de plus en plus grandissante en moi. Peut-être est-ce le "Que...?" que je prononce qui fait que je reçois un second coup qui m'assomme pour de bon. Noir.



[HJ : Mathias, je propose que tu postes, puis je reposterai en découvrant mon coéquipier et en faisant les adieux avec mes proches et enfin toi, non ?]

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Mathias M. Eriksen

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MessageSujet: Re: En totale soumission [Moisson]   Sam 30 Mar - 12:53


Je reste avec Eden, en lui serrant les mains, attendant que sa crise finisse. Ca faisait longtemps qu'elle en avait pas. Devrais-je m'inquièter? Sûrement pas. Ce n'est rien de grave. Enfin, pour Eden. Finalement, quand sa crise se termine, elle s'excuse, avant d'essuyer ses larmes. S'excuser? De quoi? D'avoir eu une crise? Mais... c'est... absurde. Elle n'est pas du tout coupable de sa situation. Donc, elle n'y est pour rien. Elle me semble... si fragile. Si faible.

-Il serait mieux qu'on aille se préparer, non ?


Ouaip. Peut-être. Même si j'aimerais bien rester avec elle le plus possible. Si j'étais moissonné... j'aimerais bien pouvoir passer le plus de temps possible ici. Enfin... c'est le lieu où je suis né. Normal que je l'aime. Non? Avant même que je m'en aperçoive, Eden est arrivée à la fin de la pente.

-Aller on se bouge ! On va être à la bourre !!

Mes lèvres s'étirent en un petit sourire. Eden a toujours été comme ça. Je me depêche de la rejoindre. Faut pas qu'on soit en ratard pour «un des meilleurs jours de l'année!»...

- - -

Je regarde la petite goutte de sang perler au bout de mon doigt. Elle est magnifique. Le reflet de la lumière la fait éclater d'une propre luminosité. Comme ce jour, il y a quelques années. C'était le jour du Couronnement du gagnant des premiers Hunger Games. James, non? Bref. Je signe ma présence, avant d'aller à ma place. Avec les autres garçons de 15 ans. Je gratte les croûtes qui se sont formées sur les blessures aux bras. C'est assez douloureux, mais, paradoxalement, ça fait du bien. Scric. La croûte se détache, le sang recommence à couler. C'est comme un rituel. Croûte à détacher, sang qui doit couler. Le Maire arrive sur la scène. Scric. Croûte détachée, sang qui coule. L'hôtesse arrive, vêtue de plumes multicolore. Scric. Croûte détachée, sang qui coule. Discours ennuyeux et film habituel. Scric. Croûte détachée, sang qui coule. J'essuie mon bras, qui a prit une teinte légèrement rouge, sur mon pantalon. L'hôtesse prend un petit papier de la boule des filles. Son sourire est crispé. Et après, elle dit son nom.

Celui d'Eden.

E...den? Mais... non, c'est impossible! Elle... Il... Il y avait vraiment beaucoup de petits papiers. Pourquoi elle? Elle a fait quoi de mal, pour mériter ça? Et Adam... Son frère. Je la vois. Qui se fait entraîner vers l'estrade. L'hôtesse lui dit quelque chose. Peut-être pour la rassurer. Mais la réaction d'Eden est assez... originelle, on va dire. Elle commence à l'étrangler. Au contraire de quelques personne, ça ne m'étonne pas. Elle... est si fragile, psychologiquement. Elle s'est sentie attaquée par notre «chère» hôtesse, et... on voit les conséquences. Mais intérieurement, je suis toujours en train d'essayer de me convaincre que ce n'est pas elle. Que c'est une autre fille, qui s'appelle comme elle et qui est exactement comme elle. Que après la Moisson, moi et Eden on va... faire ce qu'on fait toujours. Mais c'est inutile. Mon cerveau a déjà assimilé le fait qu'Eden a été moissonnée.

Tombée. Eden est tombée. Ou elle a été poussée? Mon premier réflexe serait d'aller l'aider, voir si elle va bien. Mais quelqu'un est déjà en train de s'occuper d'elle. Scric. Croûte détachée, sang qui coule. Quelqu'un me cache la vue, et l'hôtesse a recommencé à parler, en disant que c'est le tour des garçons. Scric. Croûte détachée, sang qui coule. Son bras est dans la boule. Scric. Croûte détachée, sang qui coule. Elle ouvre le petit papier. Scric. Croûte détachée, sang qui coule. Et elle prononce mon nom.

J'aurais dû y penser. Même s'il y a beaucoup de petits papiers, le risque est toujours là. Et avec les nombreuses tesserae que j'ai pris, le risque était encore majeur. Mais... une partie de moi ne voulait pas accepter que je pourrais me retrouver dans une arène et me battre contre 23 personnes. Dont Eden. Quelqu'un me pousse, je commence à marcher vers l'estrade, et quand j'arrive, l'hôtesse me dit quelque chose. Mais le stress bloque ça. Comme si j'étais un sourd-muet. Elle parle encore, et le public applaudit. Je regarde ma mère. Mon père. Ma famille. Mais après quelques seconds, j'y arrive plus. J'arrive plus à regarder la souffrance dans leurs yeux. Je sens vaguement quelqu'un qui me prend, et qui m'emmène à l'intérieur du Palais de Justice. Pour les adieux.

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